Ça sent la fin pour le Centre 24/7

Les employés du Centre d'aide 24/7 venus assister... (Etienne Ranger, LeDroit)

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Les employés du Centre d'aide 24/7 venus assister au c.a. de l'Agence affichaient une mine déconfite, jeudi soir.

Etienne Ranger, LeDroit

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Après 27 ans de loyaux services, le Centre d'aide 24/7 assiste à son démantèlement. Dans un peu plus de cinq semaines, l'Agence de santé et des services sociaux de l'Outaouais s'arrogera la quasi-totalité de son mandat et de son budget en créant une ligne Info-Social.

Le c.a. de l'Agence a adopté à l'unanimité, jeudi, une résolution proposant un nouveau modèle d'organisation des services psychosociaux qui laissera une place réduite au Centre 24/7, voire sa disparition.

À partir du 1er avril prochain, c'est un employé du CSSSG qui répondra aux appels des Gatinois qui ont des idées suicidaires et qui cherchent une oreille attentive.

Le budget d'exploitation de cette unité, qui sera composée d'un superviseur et de 11,2 professionnels de la santé, sera de 1,2 million $, le même montant que la subvention accordée annuellement au Centre 24/7.

Le centre pourrait choisir de poursuivre ses opérations dans un rôle diminué. Il a jusqu'au 5 mars pour arriver à une entente négociée avec l'Agence. Il pourrait donc continuer de s'occuper de la prévention et de l'hébergement de crise, pour une subvention totale de quelque 270000$ (50000 par lits, et 70000 pour la prévention). Quatre lits seraient disponibles.

L'un des objectifs de ce transfert de responsabilité touchant la ligne d'intervention téléphonique - imposé par Québec - est d'améliorer les services à la population, soutient l'Agence.

«Je ne prétends pas que la qualité du Centre 24/7 n'est pas bonne, mais je prétends que la qualité de notre réseau de la santé est aussi bonne», affirme le président-directeur général intérimaire de l'Agence, Denis Chénier.

Selon ce dernier, la réorganisation des services permettra de doubler au minimum le nombre d'appels qui seront traités, de quelque 11000 à 23000.

Incompréhension

Les employés du Centre venus assister au c.a. de l'Agence affichaient une mine déconfite et plein d'incompréhension, jeudi soir.

«Je ne comprends pas. On parle d'un CSSS qui est surchargé. Qui n'arrive pas à suffire (à la demande)», a lancé après la rencontre la directrice du centre, Nathalie Girard.

Tout aussi abasourdie par l'annonce, la présidente du c.a. du Centre 24/7, Isabel Côté, ne croit pas une seconde l'argumentaire de l'Agence.

«Elles sont basées sur quoi leurs projections? Moi je peux vous dire que l'an prochain, je vais prendre 35 000 appels si je vous sors un beau PowerPoint. Ce n'est basé sur aucune étude de marché», peste-t-elle.

La seule façon d'arriver à doubler le nombre d'appels traités est de limiter le temps passé avec chaque usager, croit-elle.

«C'est sûr que si on restreint l'intervention, au lieu de prendre le temps que ça prend... Dans ce contexte, on peut artificiellement faire des projections.

«Il n'y a aucune donnée probante qui appuie ce qu'ils ont dit aujourd'hui», ajoute la professeure au Département de travail social à l'Université du Québec en Outaouais.

Cette dernière souligne par ailleurs que des recherches ont démontré qu'un très grand nombre de personnes en détresse psychologique sont réfractaires au réseau de la santé, préférant une porte d'entrée alternative et plus «humaine».

«C'est certain qu'il y a une catégorie de personnes qui risquent de passer entre les mailles du filet.»

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