L'Outaouais boudée par les médecins

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Selon les plus récentes données publiées lundi par le ministère de la Santé, 22 des 33 postes de médecins autorisés pour l'Outaouais sont encore disponibles.

Étienne Ranger, archives LeDroit

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L'Outaouais est toujours loin d'être le premier choix des omnipraticiens à la recherche d'un lieu où établir leur pratique, et ce manque d'intérêt n'aide en rien à faire raccourcir la liste d'attente où plus de 30 000 patients de la région sont inscrits dans l'espoir de dénicher un médecin de famille.

Sur l'ensemble des dix régions « intermédiaires et éloignées », l'Outaouais est celle qui a l'autorisation de recruter le plus d'omnipraticiens pour l'année 2015.

Si certaines régions ont obtenu plus de candidatures que de postes disponibles, l'Outaouais ne semble pas être un choix de prédilection pour les médecins de famille à la recherche d'un lieu de pratique. Selon les plus récentes données publiées lundi par le ministère de la Santé, 22 des 33 postes autorisés pour l'Outaouais sont encore disponibles.

Le Bas-Saint-Laurent, le Saguenay-Lac-Saint-Jean, la Mauricie-Centre-du-Québec, la Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine et le Nunavik sont les régions les plus chanceuses, ayant toutes reçues davantage de candidatures que de postes autorisés par le ministère de la Santé. À moins de désistements trop nombreux, ces cinq régions n'auront donc aucun problème à recruter le maximum de médecins de famille.

Les médecins de famille souhaitant déposer leur candidature pour 2015 peuvent le faire depuis l'automne dernier. À l'Agence de la santé de l'Outaouais, on ne perd pas espoir de réussir, dans les prochains mois, à séduire autant de médecins que de places disponibles. Au cours des deux dernières années, la région est parvenue à attirer le maximum d'omnipraticiens permis, soit 30 en 2013 et 32 en 2014.

« Le recrutement est similaire aux années précédentes à pareille date, affirme la porte-parole de l'Agence, Karelle Kennedy. La cadence est la même. »

Mme Kennedy souligne qu'un portrait plus précis pourra être dressé vers la fin février, lorsqu'une majorité de médecins auront confirmé dans quelle région ils s'établiront.

La pénurie persiste

En attendant un éventuel rehaussement du nombre d'omnipraticiens dans la région, l'Agence fait preuve de réalisme.

« Il est à noter que la pénurie majeure vécue en Outaouais, comme partout au Québec, en termes d'effectifs médicaux en omnipratique, affecte considérablement l'accessibilité, note l'organisation dans son dernier rapport annuel. Les médecins de famille de la région tentent de répondre à la demande toujours grandissante, mais peinent à répondre à l'ensemble de la population. »

Le président de l'Association des médecins omnipraticiens de l'Ouest du Québec, le Dr Marcel Guilbault, note que la région pourrait souffrir si jamais le recrutement n'est pas optimal et que le projet de loi 20 du ministre de la Santé, Gaétan Barrette, est adopté.

« C'est certain que si le projet de loi 20 passe comme il est en ce moment, ça va faire mal, lance le Dr Guilbault. Il y a déjà des médecins [de l'Outaouais] qui ont commencé des démarches pour s'en aller de l'autre bord de la rivière. »

Le Dr Guilbault souligne qu'il est difficile de prévoir si la région connaîtra un gain net du nombre de médecins de famille sur son territoire, puisque l'adoption du projet de loi 20 pourrait, selon lui, précipiter la retraite de certains omnipraticiens.

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