Un exode vers l'Ontario est possible, selon la FMOQ

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Le président de la Fédération des médecins omnipraticiens (FMOQ) de l'Ouest du Québec, le Dr Marcel Guilbault.

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Si le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, croit que le projet de loi 20 n'entraînera pas un exode des médecins omnipraticiens vers l'Ontario, le président de la Fédération des médecins omnipraticiens (FMOQ) de l'Ouest du Québec, le DrMarcel Guilbault, soutient qu'il doit retirer ses oeillères.

De passage à Gatineau, vendredi, le ministre Barrette avait affirmé qu'il ne voyait pas les médecins québécois s'installer en Ontario puisqu'il n'existe pas de pénurie dans cette province. Le DrGuilbault estime de son côté qu'il existe malgré tout des moyens de changer de provinces, pour ceux qui le désirent.

«Il y a déjà des médecins de famille qui travaillent en Ontario. [...] Il y a même une clinique d'Ottawa qui a ouvert ses portes spécifiquement pour les patients du Québec», rappelle Marcel Guilbault.

Des patients numéros

Ce dernier insiste, la solution tente déjà certains médecins de l'Outaouais. Un peu comme les membres de la FMOQ l'ont indiqué en conférence de presse, samedi, le DrGuilbault lance que les étudiants pourraient tourner le dos à la médecine familiale en raison des changements législatifs prônés.

«Depuis une dizaine d'années, on valorise la médecine familiale pour que des étudiants choisissent d'y aller. Mais avec ça, les confrères et les consoeurs étudiants et étudiantes questionnent fortement leur choix de médecine familiale.»

L'imposition de quotas aux médecins omnipraticiens entraînera une forme d'industrialisation de la médecine où les patients sont traités comme des numéros, craint Marcel Guilbault.

Ne pas atteindre les objectifs entraînerait une pénalité équivalente à 30% du salaire annuel du médecin. Malgré tout, c'est plutôt l'article39 du projet de loi 20 qui indigne le plus le président de la FMOQ de l'Ouest du Québec.

Selon cet article, le ministre de la Santé pourra modifier à sa guise les conditions de rémunération des médecins, s'il «est d'avis que certaines modifications [...] permettraient d'améliorer l'accessibilité aux services».

«Le ministre se pose en dictateur, affirme le DrGuilbault. Il pourrait dire que les docteurs n'ont pas changé leurs façons de faire et qu'il décide d'augmenter la pénalité à 40%, 50%. C'est vraiment antisyndical et antidémocratique.»

Marcel Guilbault soutient que la lutte de la FMOQ contre le projet de loi 20 ne fait que commencer. «Les médecins n'accepteront pas de travailler sous une menace constante d'une loi qui serait inacceptable», conclut-il.

Jpaquette@ledroit.com

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