Exil des médecins: pas une menace, selon Barrette

Le ministre Gaétan Barrette était de passage en... (Patrick Woodbury, LeDroit)

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Le ministre Gaétan Barrette était de passage en Outaouais pour faire une série d'annonces.

Patrick Woodbury, LeDroit

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Avec un gros grain de sel. C'est comme ça que le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, accueille les menaces des médecins de famille qui disent vouloir s'expatrier en Ontario s'il met à exécution son projet de loi 20 qui prévoit des sanctions salariales aux omnipraticiens qui ne voient pas suffisamment de patients en cabinet.

Pour le ministre Barrette, il y a les médecins qui «livrent la marchandise» - ils représentent 40% des médecins de famille, selon lui - et il y a les autres, 60%, qui devront augmenter la cadence. «Ce qu'on leur demande, c'est d'offrir plus de consultations sans rendez-vous, d'étaler leur charge de travail sur 42 semaines et de voir en moyenne 20 patients par jour», dit-il. Ceux qui ne se plieront pas à cette exigence verront leur rémunération réduite de 30%. Selon le ministre, ce plan permettra aux quelque 8 millions de Québécois d'avoir accès à un médecin de famille.

«Je doute fort que les médecins traversent en Ontario à cause de ça, lance-t-il. Je ne vois pas quel serait leur avantage financier à le faire. À ma connaissance, il ne manque pas de médecin de famille à Ottawa. Ils sont saturés. Je ne pense pas que les médecins de l'Outaouais y trouveraient leur compte.»

Le président de la Fédération des médecins omnipraticiens de l'Ouest du Québec, le Dr Marcel Guilbault, affirme que le ministre Barrette utilise les données qui font son affaire pour justifier son attaque contre les médecins de famille et pour justifier son projet de loi 20. «Les médecins font ce qui est humainement possible, dit-il. Il y a moyen de modifier nos pratiques pour mieux répondre aux besoins de la population, mais pas en imposant des quotas et des sanctions à l'intérieur d'une loi matraque.»

Le Dr Barrette reconnaît que son projet de loi suscite la grogne, mais il attribue cela à une «incompréhension profonde de ce qui est sur la table». Selon lui, les instances médicales ne véhiculent pas la bonne information à leurs membres.

Dès la semaine prochaine, le ministère fera parvenir des notes d'informations aux médecins pour leur expliquer les tenants et aboutissants du projet de loi. «C'est n'est pas l'apocalypse qu'ils voient venir, dit le ministre. Ce n'est pas de l'esclavage.»

Le ministre précise que les omnipraticiens n'ont pas encore assimilé le «système d'équivalence» qui sera mis en place pour faire en sorte que le médecin qui travaille beaucoup en cabinet ne sera plus obligé de faire des heures à l'hôpital. «Nous proposons une modification en profondeur des activités médicales particulière (AMP), précise-t-il. Un médecin qui ne souhaite pas faire d'urgence pourra, par exemple, prendre plus de patients à sa charge en cabinet. Nous allons faire circuler cette information la semaine prochaine.»

Le Dr Guilbault précise que les médecins de famille demandent depuis une décennie que le système d'AMP soit revu par le ministère. Selon sa compréhension du projet de loi 20, le ministre n'a pas l'intention de réduire les obligations des médecins de famille dans les hôpitaux pour leur permettre de passer plus de temps en cabinet.

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