Chutes, erreurs de médication et manque de personnel

L'enfer hospitalier pour un couple gatinois

Joël Jancovic est en attente d'une double greffe du foie et du rein. Il souffre... (PHOTO FRANÇOIS ROY, ARCHIVES LA PRESSE)

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Joël Jancovic est en attente d'une double greffe du foie et du rein. Il souffre d'une contamination à l'hépatite C et est à risque d'encéphalopathie. Il a besoin de la surveillance constante du personnel de santé.

« Je suis très amère face au système de santé. Mon mari a besoin de surveillance et d'une intervention rapide. Il y a eu plusieurs cas de négligence », raconte Mme Morest, elle-même infirmière en Outaouais.

Il n'a pas été possible de corroborer les faits auprès du Centre de santé et de services sociaux de Gatineau, puisque le CSSS ne commente pas de cas précis.

Au moins cinq cas de chute

Depuis l'arrivée de Joël Jancovic au sixième étage de l'hôpital de Gatineau, au début du mois de novembre, sa conjointe a été informée de deux chutes.

L'homme de 51 ans a été hospitalisé plus d'une fois depuis le mois de janvier 2014. Depuis le début de l'année, sa conjointe a été mise au fait d'au moins cinq cas de chute. Une situation qui la préoccupe étant donné la fragilité de son mari. « En ce moment, il est au sommet de la liste pour les greffes. Mais s'il tombe encore et qu'il se fracture quelque chose, il ne pourra pas subir l'opération. Et sa vie dépend de ces grosses opérations. »

À ces chutes s'ajoutent des erreurs de médication. Elaine Morest soutient que la prescription de son conjoint n'a pas toujours été respectée.

Comme prise en otage

Infirmière depuis plus de 30 ans dans le réseau de la santé en Outaouais, Mme Morest se sent prise en otage.

Cette dernière passe beaucoup de temps au chevet de son mari. Elle va le voir quotidiennement de 13 h à 18 h 30. Elle le nourrit et s'occupe de lui. Jusqu'au jour où, selon ce qu'elle rapporte, le personnel médical lui a demandé d'arriver à l'hôpital vers midi afin d'aider pour libérer le personnel pendant les pauses repas.

« C'est une situation très exigeante pour moi aussi, raconte Mme Morest. C'est l'équivalent de me demander de faire un quart de travail pour libérer du personnel. »

Toute l'énergie mise dans le conflit avec le personnel hospitalier a envenimé le combat principal, celui de la maladie.

M. Jancovic a développé de l'anxiété. Lorsque son épouse le quitte, M. Jancovic la contacte souvent à la maison pour demander s'il doit prendre tel ou tel médicament, par exemple. Une situation insoutenable pour sa conjointe.

« Les conflits, les problèmes, les erreurs [...] sont venus brouiller mon petit rêve d'avenir, relate mélancoliquement Mme Morest. Cela a détourné l'énergie que j'avais à investir avec lui en mettant de l'ombre à l'espoir. C'est venu manger l'énergie qu'on avait besoin pour passer au travers. Je vais toujours avoir une crainte maintenant. »

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