Le CSSSG se résigne et critique

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Bruno Bonneville

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Face à une «mort imminente», le conseil d'administration du CSSSG s'est résigné à se plier à la volonté du ministre de la Santé Gaétan Barrette, dont la réforme du réseau contenue dans le projet de loi 10 promet de modifier profondément sa structure organisationnelle.

Rappelons que le ministre souhaite abolir tous les c.a. des établissements locaux pour n'en créer qu'un seul par région, dont il nommerait tous les membres, dans le but avoué de voir les ordres de Québec respectés à la lettre durant la première phase de la réforme. La nouvelle structure serait en place dès le 1er avril prochain.

«On peut soit résister et se battre et [...] manifester, on peut carrément lâcher, ou terminer notre mandat et collaborer à une transition aussi harmonieuse que possible, a exposé le président du c.a. du Centre de santé et de services sociaux de Gatineau (CSSSG), Bruno Bonneville. Moi je vous suggère d'adopter la dernière attitude.»

Malgré l'incertitude, le c.a. doit continuer à prendre ses «responsabilités», et à «supporter nos employés jusqu'à la fin». «Ça va déjà être assez traumatisant pour eux», a-t-il enchaîné, lors de la séance publique du conseil d'administration, hier soir.

Les encouragements passés, M. Bonneville a vertement critiqué les manières de faire du Dr Barrette.

«Catastrophes» à prévoir

Selon lui, la réforme comporte «deux ingrédients» qui font partie d'une recette pour produire des «catastrophes».

Nommément, «une gouvernance essentiellement politique, ce qui est extrêmement dangereux en démocratie». «Moi l'idée de retourner à l'ère de Duplessis, ça me plaît plus ou moins», a-t-il illustré.

Deuxièmement, «une administration excessivement centralisée», dont l'effet recherché - moins de bureaucratie - produira l'inverse, parce que «les grosses entités, font de grosses bureaucraties», a-t-il estimé.

M. Bonneville digère mal que les intervenants actuels n'aient pas été consultés par le ministre. Il a aussi offert une mise en garde à Québec: la réforme échouera en Outaouais si de l'argent neuf n'est pas injecté.

«S'ils veulent que ça marche, il va falloir qu'ils dépensent, a-t-il dit. Moi j'aurais été prêt, comme bien d'autres, à collaborer à imaginer d'autres façons d'organiser le réseau.»

Le directeur général du CSSSG, Denis Beaudoin, a présenté, dans un scepticisme ambiant, un condensé du projet de loi 10 aux membres bénévoles du c.a.

Il s'agissait, à quelques diapositives près, de la même présentation que le ministre Barrette a faite aux directions d'établissement de l'Outaouais, vendredi dernier.

Compte tenu de la «masse de changements» à réaliser en peu de temps, des membres ont estimé que les patients en ressentiront nécessairement les soubresauts.

Le projet de loi 10, dont on prévoit l'adoption avant la fin de l'année, est actuellement examiné en commission parlementaire.

Malgré la bonne volonté exprimée par le c.a., hier, la suite des choses est floue, a affirmé M. Beaudoin.

«Quel va être notre rôle dans les cinq prochains mois? On a posé la question au ministre, et on n'a pas eu beaucoup de réponses.»

Gstpierre@ledroit.com

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