Santé Outaouais 2020 pose son diagnostic

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«La politique de la résignation et des petits pas ne suffit plus», estime une commission formée par le groupe citoyen Santé Outaouais 2020, qui préconise l'instauration d'une formation médicale complète dans la région et le rapatriement de la majorité des soins de santé consommés en Ontario.

LeDroit a pu consulter le rapport d'une quarantaine de pages rédigé par cette commission citoyenne, qui sera rendu public jeudi. Le président de la commission, Gilbert Langelier, épaulé par ses collègues bénévoles Paul-Émile Leblanc et Marthe Robitaille, a réalisé une vingtaine d'entrevues avec des dirigeants et des acteurs du réseau de la santé au cours de 15 derniers mois.

Après avoir écouté ces intervenants, feuilleté des rapports et consulté des reportages sur le réseau de la santé de l'Outaouais, M. Langelier affirme en avoir maintenant une meilleure compréhension.

«Ce qu'on trouve le plus frappant, c'est la pénurie de personnel pour les soins de santé, souligne M. Langelier. Un manque de 100 omnipraticiens et de plus de 500 infirmières, c'est énorme ça comme chiffre, et ce que ça fait, par exemple, le manque d'omnipraticiens, c'est que les gens s'en vont en Ontario ou bien à l'urgence.»

L'une des solutions proposées par la commission est l'implantation, dans la région, d'une formation complète en médecine, sous la gouverne de l'Université McGill. «On préconise quelque chose comme ce qui s'est fait à Trois-Rivières ou à Saguenay, que McGill délocalise totalement son programme pour offrir les quatre années en Outaouais», explique M. Langelier.

Un nouveau souffle devrait aussi être donné au Campus santé Outaouais, qui « semble avoir manqué d'essence », croit la commission. Outre la formation de futurs médecins, la commission souhaite voir divers programmes, comme la pharmacologie, être créés en Outaouais.

Quant au rapatriement des soins consommés en Ontario par des résidents de l'Outaouais, la commission mise sur la création d'un centre mère-enfant à Gatineau, de même que sur l'embauche de nouveaux pédiatres pour réduire les visites au Centre hospitalier pour enfants de l'est de l'Ontario.

Volonté politique

Rien de tout cela ne peut cependant voir le jour sans une volonté politique claire, admet M. Langelier. Or, la commission affirme dans son rapport qu'au fil des ans, les gouvernements - peu importe le parti - ont semblé considérer Ottawa «comme un prolongement du Québec» en se fiant aux soins de santé qui y sont offerts.

«Je pense qu'il faut que la population et que divers groupes - incluant par exemple la Ville de Gatineau, les chambres de commerce et différentes associations - s'impliquent davantage dans ce dossier-là pour faire pression sur les élus, sur le gouvernement, affirme Gilbert Langelier. Supposons, par exemple, que cette situation-là existait à Québec. Pensez-vous que le maire Labeaume accepterait ça bien longtemps?»

Le président de la commission citoyenne mandatée par Santé Outaouais 2020 note tout de même certains éléments positifs, comme la reconnaissance, ce printemps, de l'iniquité dans le financement des soins de santé. Le ministre de la Santé, Réjean Hébert, avait annoncé un financement additionnel à l'Outaouais, tout en indiquant qu'il comptait régler «l'iniquité interrégionale» en quatre ans.

Le groupe Santé Outaouais 2020, présidé par l'ancien maire de Hull et ex-ombudsman de la Ville de Gatineau, Michel Légère, compte effectuer un suivi des recommandations du rapport préparé par la commission citoyenne.

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