Pas de nouveau véhicule ambulancier, mais le service bonifié est maintenu

L'Agence de santé de l'Outaouais sermonnée

Le ministre de la Santé et des Services... (Martin Roy, LeDroit)

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Le ministre de la Santé et des Services sociaux, Dr Réjean Hébert, le ministre responsable de l'Outaouais, Stéphane Bergeron, ainsi que la ministre déléguée aux Services sociaux et à la Protection de la jeunesse, Véronique Hivon, étaient de passage en Outaouais dimanche.

Martin Roy, LeDroit

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En voyant trois ministres se pointer à Gatineau hier matin pour le dévoilement tant attendu des recommandations du groupe de travail sur les services pré-hospitaliers d'urgence en Outaouais, plusieurs croyaient que la région se verrait octroyer une nouvelle ambulance. Le hic, c'est que non seulement leurs souhaits ne se sont pas matérialisés, mais les experts derrière le rapport ont noté plusieurs lacunes en pointant entre autres du doigt l'Agence de santé et des services sociaux.

Après analyse des conclusions du rapport, le ministre de la Santé et des Services sociaux, Réjean Hébert, a annoncé que les 168 heures par semaine de service ambulancier supplémentaires accordées à la région en décembre sont maintenues pour les six prochains mois, le temps que des mesures d'optimisation soient déployées. Une seconde évaluation sera ensuite effectuée afin de juger de la pertinence de cet ajout de services.

Par ailleurs, un véhicule d'appoint, appelé « mulet » dans le jargon paramédical, est octroyé par le ministère pour permettre de couvrir les changements de quarts de travail, portant à 32 le nombre total d'ambulances. Il s'agit d'un véhicule de remplacement comptant au-delà de 200 000 km à l'odomètre, soit la limite à atteindre pour sa mise au rancart.

Le ministère exige aussi que d'ici le 1er septembre, la Coopérative des paramédics de l'Outaouais (CPO) atteigne la cible du délai intra-hospitalier (temps passé dans les paramédics dans les établissements de santé) prescrite par la direction nationale des urgences. Ce laps de temps se situerait entre 30 et 35 minutes au maximum, alors que les statistiques actuelles de la région font état d'une moyenne d'environ 45 minutes. Dans le passé, il aurait déjà frôlé les 58 minutes.

Même si des forces ont été dénotées comme le dynamisme et l'engagement des acteurs du milieu, le président du groupe de travail, le Dr Jean Lapointe, a identifié plusieurs points d'amélioration sur lesquels tous les partenaires devront travailler, par exemple un manque de rigueur de l'Agence dans la surveillance de la conformité de la gouvernance des différents organismes et une absence d'entente formelle en matière de mesures d'urgence avec la Ville d'Ottawa, dont les paramédics ont cessé de venir en aide à leurs collègues québécois depuis janvier. En 2012, ils ont dû intervenir sur la rive gatinoise à 49 reprises.

Des irrégularités et des règles de gouvernance non respectées ont été découvertes en ce qui a trait à l'affectation des ressources en regard aux conventions collectives en vigueur pour le Centre de communication santé de l'Outaouais (CCSO). Ne s'étant pas réuni depuis mai 2008 et n'ayant pas produit d'états financiers vérifiés et de rapports annuels de ses activités, le conseil d'administration de l'organisme a bafoué la Loi sur les Services pré-hospitaliers d'urgence.

« Il y a eu une nonchalance et un manque de rigueur de la part de l'Agence, entre autres pour la gouvernance de la centrale, la reddition de comptes et l'absence d'une structure permanente de coordination en raison du roulement élevé de personnel », a indiqué le Dr Lapointe, qui juge entre autres dans le rapport que la disponibilité des ambulances en réserve est à la limite de la précarité à certains moments de la journée.

Enfin, le ministre nommera un observateur au conseil d'administration du CCSO jusqu'au 31 mars 2014 ainsi qu'un accompagnateur à l'Agence de santé afin de s'assurer du suivi de l'ensemble des recommandations émises.

Paramédics déçus

Au terme des annonces, la déception était palpable pour le directeur général de la Coopérative des paramédics, Stéphane Parent. « Je m'attendais à des gestes plus concrets et des règles du ministère qui nous soient appliquées plus directement », a-t-il commenté.

Plus de détails dans l'édition du Droit du 15 avril 2013 ou sur ledroitsurmonordi.ca

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