Chirurgie dentaire: délai d'un an

Selon les données du ministère de la Santé,...

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Selon les données du ministère de la Santé, seulement 68% des patients ayant subi une chirurgie en dentisterie à l'Hôpital de Gatineau au cours des dix derniers mois ont été opérés dans un délai inférieur à six mois.

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Les patients devant subir une chirurgie dentaire sous anesthésie générale et qui n'ont pas d'assurances doivent attendre « facilement » un an avant d'obtenir un rendez-vous au Centre de santé et de services sociaux de Gatineau (CSSSG), un délai pendant lequel l'état des dents peut se dégrader.

Selon les données du ministère de la Santé, seulement 68% des patients ayant subi une chirurgie en dentisterie à l'Hôpital de Gatineau au cours des dix derniers mois ont été opérés dans un délai inférieur à six mois.

Le rythme auquel se font les interventions ne permet pas de diminuer de manière significative la liste d'attente. Quarante patients ont été opérés en dentisterie à l'Hôpital de Gatineau depuis le 1eravril 2012, tandis que la liste d'attente contient actuellement 152 noms. Le délai d'attente moyen est « facilement » d'un an, indique le directeur des communications du CSSSG, Sylvain Dubé.

« On a réussi à faire descendre la liste d'une soixantaine de patients en l'espace d'un an avec la disponibilité du bloc opératoire pour la dentisterie, mais on aimerait aussi en faire un peu plus », note M.Dubé.

Les délais d'attente peuvent entraîner des complications, souligne le dentiste Alain Quinn, chef du service de médecine dentaire au CSSSG. « Ça peut être des abcès, des douleurs, explique-t-il. [...] Une carie, ça progresse, donc plus on attend pour la réparer, plus il y a de dommages. » Dans certains cas, si les dents sont « non restaurables », l'extraction devient nécessaire.

Seul dentiste à réaliser des interventions sous anesthésie générale à l'Hôpital de Gatineau, le DrQuinn y exerce une douzaine d'heures par mois. « Comme pour l'ensemble des chirurgiens qui travaillent au bloc opératoire, on souhaite toujours avoir plus de temps pour répondre à la demande, souligne-t-il. Ce qu'on souhaite, c'est d'essayer de répondre aux besoins le plus adéquatement et dans les plus brefs délais, mais il y a des contraintes. »

C'est à l'automne 2011 qu'a été rouvert le service de médecine dentaire du CSSSG, après quelques années d'absence. « Les cas se sont accumulés, et là, on est un peu victime de notre succès, parce que les demandes affluent de tous bords, tous côtés », note le DrQuinn, qui estime qu'avec le vieillissement de la population, « la liste va continuer à s'allonger ». « Il faut sensibiliser les autorités, même si elles sont déjà très sensibles », indique-t-il.

Ce sont les jeunes enfants, les patients présentant une déficience intellectuelle ou encore les aînés atteints de problèmes cognitifs qui doivent généralement subir une chirurgie dentaire sous anesthésie générale, puisqu'ils coopèrent moins bien sur la chaise du dentiste.

Les patients qui sont couverts par un régime privé d'assurances peuvent se tourner vers les cabinets privés. Ceux qui n'ont pas d'assurances peuvent choisir de payer de leur poche: ils peuvent aller dans une clinique d'Ottawa, où les coûts peuvent dépasser les 1000$, ou encore aller à Montréal, où il est possible d'obtenir le même service pour un peu moins de 300$. Pour les patients qui n'en ont pas les moyens, l'attente pour un rendez-vous à l'hôpital est parfois le seul recours.

Au CSSSG, Sylvain Dubé indique que la situation pourrait s'améliorer avec l'arrivée éventuelle d'un nouvel anesthésiste et la possibilité de réaliser des interventions sous anesthésie générale en dehors du bloc opératoire. « On est aussi en contact avec le CSSS de Papineau, donc lorsque les dentistes là-bas ont du temps, ils peuvent prendre des cas devant être traités en priorité. »

ACTION SANTÉ OUTAOUAIS FORMERA UN COMITÉ SUR LES SOINS DENTAIRES

L'organisme Action santé Outaouais souhaite mettre sur pied un groupe de travail sur la question des soins dentaires en Outaouais. Un tel comité devrait être créé lors de l'assemblée générale de l'organisme, qui aura lieu le 19 février, dès 18 h, au Centre diocésain, sur le boulevard Mont-Bleu. Action santé Outaouais souhaite notamment la création d'un régime québécois d'assurance-maladie dentaire, ce « qui permettrait de réduire considérablement les écarts terribles en matière d'accès aux soins dentaires ». Selon l'organisme, certains prestataires de l'aide sociale se butent parfois à des refus de la part de dentistes, et les tarifs peuvent être plus élevés dans certains cabinets. L'accès aux interventions pratiquées sous anesthésie en milieu hospitalier préoccupe aussi Action santé Outaouais, a fait savoir le coordonnateur de l'organisme, Samuel Dubé Marceau.

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