Dans les souliers de «Patch» Adams

Quand le besoin se fait sentir, Gabriel Genest... (Patrick Woodbury, LeDroit)

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Quand le besoin se fait sentir, Gabriel Genest enfile son nez rouge. «Les barrières finissent par tomber. Donnons-nous la chance de le prouver, encore et encore.»

Patrick Woodbury, LeDroit

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Une mimique. Un sourire. Un clin d'oeil. Personne n'échappe aux «clowneries» de Gabriel Genest.

Qu'il enfile son nez rouge ou pas, le physiothérapeute et ostéopathe de Gatineau aborde tous ceux qu'il croise d'un geste amical. «L'être humain a ce besoin fondamental d'avoir des interactions de qualité avec les autres», affirme le disciple du célèbre médecin Hunter «Patch» Adams, qu'il a suivi jusqu'en Russie l'automne dernier.

«Les barrières finissent toujours par tomber. Donnons-nous la chance de le prouver, encore et encore», affirme M.Genest, empruntant les traits du clown Gazou lors d'une entrevue avec LeDroit.

Comme bien des gens de sa génération, M.Genest, 29 ans, a d'abord connu le «Patch» Adams qu'incarne Robin Williams au grand écran. Le thérapeute gatinois a ensuite assisté à deux conférences du médecin hétérodoxe, à Montréal et à Sherbrooke, d'où il est natif. Il n'en fallait pas plus pour le motiver à suivre son mentor jusqu'à l'autre bout du monde.

L'occasion s'est finalement présentée, l'an dernier.

«Patch» Adams a recruté l'interprète de Gazou et une trentaine d'autres clowns de par le monde pour un stage de deux semaines en Russie. La troupe a fait le tour des orphelinats, des hôpitaux et des refuges pour sans-abri de Moscou dans le seul but de faire rire. «Certains (clowns) avaient de l'expérience. D'autres, comme moi, n'en avaient pas. Le voyage s'est bâti autour de ça», explique M.Genest.

«'Patch' est très vite devenu un ami. C'est l'ami sans jugement. Il est vraiment intense. Il va toujours jusqu'au bout. C'est passionnant à voir», ajoute le clown gatinois.

Un outil pour rejoindre les gens

«L'habit de clown est un outil, un véhicule pour rejoindre les gens. Ça attire l'attention. Même les plus costauds finissent par sourire. Les gens ont besoin de ces interactions de qualité. Ils en sont tellement déshabitués qu'ils ne savent plus comment réagir lorsqu'on les salue sur la rue ou qu'on engage la conversation. C'est presque devenu bizarre d'être gentil. Et pourtant...», partage M.Genest, qui opère sa propre clinique de physiothérapie et d'ostéopathie depuis un an.

L'être humain n'a cependant pas besoin de se cacher derrière un nez de clown pour interagir. Et ça, M.Genest l'a compris alors qu'il prolongeait son séjour en Russie d'une semaine après son stage avec «Patch» Adams. «J'étais à bord d'un train, sans mon costume. J'ai vu un enfant qui semblait trouver le temps long. J'ai trouvé un ballon dans mon sac. Je l'ai gonflé et je lui ai lancé. Nous avons commencé à jouer. Très vite, tout le monde dans le train se relançait le ballon. Ça a duré plus d'une heure», raconte-t-il.

De retour chez lui, M.Genest dit toujours s'inspirer des enseignements du DrAdams. «Donner l'occasion à un patient de s'ouvrir me permet de mieux le connaître globalement. Très vite, un lien de confiance s'établit. Nous avons tous une carapace qui s'épaissit tout dépendant des événements que nous vivons. Plus une personne a une grosse carapace, plus elle a besoin d'interagir».

 

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