Achat de cigarettes par des mineurs

Difficile d'acheter en douce, mais pas impossible

À la demande du Droit, Shawn Grégoire, 16... (Patrick Woodbury, LeDroit)

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À la demande du Droit, Shawn Grégoire, 16 ans, a visité les dépanneurs près des écoles secondaires de Gatineau. Six des sept commerces ont refusé de lui vendre du tabac.

Patrick Woodbury, LeDroit

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Quand le commis du dépanneur lui a demandé de présenter une carte d'identité, Shawn Grégoire a feint de fouiller dans ses poches. «Désolé, j'ai oublié mon portefeuille à la maison», a-t-il répondu d'un air contrit. L'employé a jeté un regard furtif autour de lui avant de lui remettre le paquet de cigarettes réclamé. «Cache-le dans ta poche et va fumer plus loin», lui a-t-il ordonné en enfouissant l'argent dans le tiroir-caisse.

La Loi sur le tabac interdit à un détaillant de vendre du tabac à un mineur. Shawn Grégoire, 16 ans, a joué le rôle de cobaye lors d'une expérience tentée par LeDroit. Il s'agissait de vérifier si les dépanneurs situés près des écoles secondaires de Gatineau respectent l'interdiction. Shawn avait comme consigne de jouer la comédie. Il prétendait avoir oublié ses cartes d'identité à la maison.

Résultat de notre enquête: six des sept dépanneurs visités ont refusé de vendre du tabac à Shawn - qui, soit dit en passant, est non-fumeur.

Cette proportion de refus reflète la tendance québécoise. Depuis trois ans, plus de 80% des détaillants refusent de vendre du tabac au mineur, rapporte le ministère de la Santé et des services sociaux. À plusieurs reprises, Shawn a toutefois eu la nette impression qu'il s'en est fallu de peu pour que le commis cède à la tentation de lui vendre des cigarettes. «Désolé, je ne peux pas t'en vendre, surtout que ma gérante est ici aujourd'hui», a indiqué le commis d'un Provisoir situé près de la polyvalente Philémon-Wright, dans le secteur Hull.

Au dépanneur Cité-des-Jeunes, devant l'école Hormisdas-Gamelin de Buckingham, Shawn a demandé s'il était possible d'acheter des cigarettes à l'unité, ce qui est rigoureusement interdit. «T'es malade? Je risque une amende de 25000?$ si je fais ça», lui a rétorqué la commis, en refusant tout net de lui vendre des cigarettes. Mais en sortant, Shawn a entendu une collègue de la commis déclarer: «Bah, tu aurais dû lui en vendre, il a l'air majeur.»

Près de la polyvalente Nicolas-Gatineau, c'était l'heure de la pause du matin. Des dizaines d'étudiants traversaient vers les deux dépanneurs situés de l'autre côté du boulevard Labrosse. Au dépanneur Couche-Tard, l'employée a refusé de vendre des cigarettes à Shawn. Compatissante, elle a ajouté: «Au pire, tu peux t'essayer à un autre dépanneur.» Et c'est au dépanneur Proprio, juste à côté, que Shawn a pu faire le seul achat de notre enquête. «Le commis avait l'air anxieux et il ne m'a pas remis la facture», a noté Shawn en sortant de sa poche le paquet de Peter Jackson.

Plus de détails dans l'édition du Droit du 1er décembre 2012 ou sur ledroitsurmonordi.ca

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