Des aînés laissés à eux-mêmes

Micheline?Lalande a fait son arrivée à la résidence... (Patrick Woodbury, LeDroit)

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Micheline?Lalande a fait son arrivée à la résidence Le Monastère, dans le secteur Aylmer, il y a quatre ans. Ägée de 95 ans, elle est en bonne forme, n'ayant ni canne ni marchette. Sur la photo, elle est accompagnée de son médecin Dr André Moreau.

Patrick Woodbury, LeDroit

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Les personnes âgées sont souvent laissées à elles-mêmes et trop fréquemment transférées en milieu hospitalier au lieu d'obtenir à domicile des soins qui leur assureraient une autonomie plus durable, déplore le Dr?André Moreau, qui visite des aînés dans quatre résidences de l'Outaouais.

L'ancien directeur médical du Centre de santé et de services sociaux de Gatineau a choisi, il y a près d'un an, de retourner à la pratique médicale. Et c'est vers les aînés qu'il s'est tourné.

«Je trouvais que le plus gros trou de services était pour les personnes âgées, explique-t-il. [...] Je trouve que globalement, dans la région, il n'y a pas assez d'approche gériatrique, alors que la population vieillit et que c'est cette population qui remplit les urgences, qui bloque les lits à l'étage et qui remplit les lits des ressources intermédiaires et des centres d'hébergement.»

Il partage son temps entre quatre résidences pour aînés de la région. «Lui, c'est un médecin qui aime soigner les gens», insiste l'un de ses patients, Roland Bédard, 86 ans. Le Dr?Moreau rencontre des gens qui sont parfois isolés, qui peinent à obtenir des soins de première ligne. Et faute d'obtenir de tels soins, plusieurs se retrouvent à l'hôpital, où la perte d'autonomie s'accélère à un rythme effréné.

Le Dr?Moreau ne veut pas blâmer une personne ou une organisation en particulier pour les maux du système de santé. «Je veux juste travailler dans un esprit d'entraide, d'équipe et de coopération, dit-il. [...] J'aimerais que les soins aux personnes âgées soient la responsabilité de tous, et j'aimerais évidemment qu'on apporte un certain virage pour investir davantage en première ligne. Je pense que les interventions qu'on fait ne sont pas faites au bon endroit. On investit après, au lieu d'investir avant. [...] On a une population vieillissante, souvent isolée et démunie, souligne-t-il. On le sait tous, mais souvent, on n'y pense pas.»

Pénurie de personnel

À l'Agence de la santé de l'Outaouais, la porte-parole, Josianne Ménard, rappelle que la région doit composer avec une pénurie de personnel. «Ultimement, la prévention, c'est mieux, on ne se le cachera pas, dit-elle. L'objectif, c'est sûr que c'est de prendre les gens le plus tôt possible, d'éviter qu'ils se retrouvent à l'hôpital pour un problème anodin qui aurait pu être réglé autrement. Est-ce qu'on y arrive dans tous les cas? Probablement pas. [...] Les soins de première ligne, c'est notre défi en ce moment. [...] C'est ce sur quoi on travaille avec tous les processus d'optimisation qui sont en place.»

Plus de détails dans l'édition du Droit du 14 novembre 2012 ou sur ledroitsurmonordi.ca

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