CSSSG: pas de vérification avant l'embauche

Yves Laplante, un Gatinois de 44 ans, se... (Patrick Woodbury, LeDroit)

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Yves Laplante, un Gatinois de 44 ans, se serait livré à des attouchements et à des gestes de nature sexuelle, alors que la nonagénaire était hospitalisée à l'Hôpital de Hull.

Patrick Woodbury, LeDroit

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Le Centre de santé et de service sociaux de Gatineau (CSSSG) ne vérifie pas les antécédents judiciaires de ses candidats avant leur embauche.

Une vérification n'aurait cependant rien changé au cas du préposé aux bénéficiaires Yves Laplante, arrêté pour agression et exploitation sexuelle sur une patiente de 99 ans à l'hôpital de Hull. L'ex-employé du CSSSG ne possède pas d'antécédents judiciaires.

«Pour l'instant, on n'a pas de vérification ou de processus de vérification d'antécédents judiciaires. Et nous ne sommes pas les seuls au Québec, explique le porte-parole du CSSSG, Sylvain Dubé. Il ne faut pas oublier qu'on y travaille avec l'Association québécoise d'établissements de santé et de services sociaux (AQESSS).»

L'AQESSS mettra à l'épreuve un projet-type de vérification des antécédents judiciaires, la semaine prochaine. «Au printemps dernier, le ministère de la Santé a demandé aux établissements de se doter d'une politique. Certains établissements en avaient, d'autres pas, et nous avons développé un projet-type pour aider nos membres à améliorer leur approche», explique le directeur des ressources humaines de l'AQESSS, Pierre Gingras.

Mais un tel processus peut s'avérer très lourd et drainerait beaucoup d'énergie, estime Sylvain Dubé du CSSSG. «On fait 700 embauches par année. Si on se limite aux deux finalistes pour chaque poste, on se retrouve avec 1400 vérifications. Alors, on se demande si on doit cibler certains types d'emplois plus que d'autres.»

Ces considérations ne suffisent pas à émouvoir MePaul Brunet, président du Conseil pour la protection des malades. À ses yeux, une vérification systématique des antécédents judiciaires s'impose, et vite.

«On vérifie systématiquement les antécédents des professeurs, les enseignants de nos enfants, s'emporte-t-il. Expliquez-moi pourquoi on le fait pour les enfants, mais pas pour des personnes en lourde perte cognitive qui peuvent, jusqu'à un certain point, s'avérer aussi vulnérables et dépendantes qu'un enfant? Il n'y a pas de raison. À moins que nos vieux soient considérés comme du monde de deuxième ordre. Ça sent le traînage de pieds parce que ce sont des aînés.»

L'avocat Jean-Pierre Ménard est aussi d'avis que les antécédents des préposés aux bénéficiaires devraient être vérifiés. «On vient de l'instaurer pour les résidences pour personnes âgées. Il serait temps qu'on l'installe pour l'ensemble du réseau. C'est sûr que ça ne garantit rien. Dans le cas qui nous préoccupe, il n'y avait pas d'antécédents connus, alors on n'aurait rien détecté. Mais dès qu'on traite des personnes vulnérables, il faut toujours qu'on s'assure d'un certain degré de moralité à l'égard des gens qui vont les traiter.»

Intimité sexuelle

Au-delà d'une vérification des antécédents, MeMénard insiste surtout sur l'importance de ne tolérer aucune intimité sexuelle avec les patients dans les établissements de santé. À cet égard, il estime que le CSSS de Gatineau a envoyé un message fort en congédiant immédiatement l'employé et en accumulant contre lui une preuve solide. «C'était la bonne mesure à prendre, d'autant plus qu'on a affaire à des gens vulnérables, qui sont facilement abusés», dit-il.

Il est faux de croire que les personnes âgées sont moins vulnérables aux abus sexuels. «Au niveau de l'abus, il n'y a pas de limite d'âge, note MeMénard. Comme on va abuser des fillettes de 2 ou 3 ans, on va abuser des femmes de 99 ans. Il faut que tout le personnel soit bien à l'affût de ces choses-là et qu'on signale toute forme de comportement bizarre et qu'on intervienne tout de suite.»

MeBrunet pense que la population a aussi un rôle à jouer. Seulement une personne sur quatre reçoit régulièrement de la visite dans les centres de santé. «Il faut aller les voir. Le monde qui reçoit de la visite est moins à risque, moins négligé et souvent moins maltraité», note-t-il.

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