Les patients de l'Outaouais doivent s'exiler ou payer

Les patients atteints de dégénérescence maculaire doivent aller... (Photo: archives AP)

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Les patients atteints de dégénérescence maculaire doivent aller dans des cliniques privées pour recevoir de coûteuses injections.

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Une fois par mois, Huguette Beauchamp, 82 ans, doit quitter son domicile de Lac-Simon pour se rendre, accompagnée, dans une clinique privée d'Ottawa afin d'y recevoir, à grands frais, des injections dans les yeux.

Cette ancienne infirmière souffre de dégénérescence maculaire. Comme des dizaines d'autres patients de l'Outaouais, elle souhaite être soignée dans sa région et, surtout, gratuitement.

Pourtant, ces soins devraient être disponibles gratuitement en Outaouais, comme partout ailleurs au Québec, depuis le 1er juin dernier. Mais ils ne le sont pas. Il ne se donne aucune injection intraoculaire en Outaouais. Les patients ont le choix de se rendre à Montréal ou de délier les cordons de leur bourse pour obtenir des soins dans une clinique privée d'Ottawa.

La dégénérescence maculaire est la première cause de perte de vision au Canada. Plus d'un million de Canadiens en sont atteints et leur nombre doit doubler d'ici 25 ans.

Un an pour offrir le service

La directive de Québec était claire en juin 2011, à la suite de plusieurs reportages concernant certains frais accessoires exigés par des médecins en clinique privée. Devant l'abus de nombreux médecins qui facturaient parfois jusqu'à 10 fois le prix du médicament - et devant la colère du président de la Fédération des médecins spécialistes du Québec, Gaétan Barrette -, le ministre de la Santé d'alors, Yves Bolduc, avait donné une période d'un an aux établissements de santé pour rapatrier ces soins du réseau privé au réseau public.

«Comme d'habitude, on dirait que l'Outaouais est au bout du monde», lance Mme Beauchamp. «Je vais bientôt aller subir ma 20e injection en deux ans. Ça me coûte 250$ chaque fois, plus l'essence pour me rendre à Ottawa, plus le stationnement. Je dois aussi payer quelqu'un pour me faire conduire jusque-là. Au bout de l'année, ça fait beaucoup d'argent.»

André Lavoie, directeur général de l'Association québécoise de la dégénérescence maculaire, affirme que l'Outaouais n'a toujours pas de calendrier pour la réalisation d'un service ophtalmique capable de recevoir des patients. Il demande au nouveau ministre de la Santé, Réjean Hébert, de se saisir du dossier rapidement afin que les patients de l'Outaouais soient traités équitablement.

«Ces injections peuvent se donner dans un bureau bien simple, dit-il. Le problème en Outaouais, c'est que les ophtalmologistes n'ont tout simplement pas reçu la formation nécessaire pour procéder à ces injections.»

Le Centre de santé et de services sociaux de Gatineau (CSSSG) confirme être actuellement en appel d'offres provincial afin d'acquérir un appareil diagnostique pour la dégénérescence maculaire. La clinique d'ophtalmologie doit être installée dans les locaux de l'ancienne urgence de l'Hôpital de Gatineau. De son côté, le ministère de la Santé du Québec confirme que certaines régions ne sont pas encore capables d'offrir ce service à la population.

Plus de détails dans l'édition du Droit du 10 octobre ou sur ledroitsurmonordi.ca

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