Obama et Clinton appellent l'Amérique à l'unité

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Hillary Clinton est apparue émue lors de son discours post-défaite, dans une la bondée d'un hôtel de Manhattan.

AP, Andrew Harnik

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Jérôme Cartillier, Brigitte Dusseau
Agence France-Presse
Washington

Le nouveau président désigné des États-Unis, Donald Trump, s'est mis au travail mercredi, alors que Barack Obama et Hillary Clinton appelaient à l'unité au lendemain de l'élection choc du républicain populiste.

Sa victoire inattendue face à la démocrate, après une campagne particulièrement violente, a suscité une onde de choc bien au-delà des États-Unis.

M. Obama, qui avait évoqué la menace que représentait Donald Trump pour la démocratie, s'est dit «encouragé» par son discours rassembleur après sa victoire.

«Nous souhaitons tous son succès pour unir et diriger les Américains», a déclaré M. Obama lors de brèves remarques depuis les jardins de la Maison-Blanche.

«Nous sommes d'abord Américains. Nous voulons tous le meilleur pour ce pays», a-t-il ajouté, insistant, dans un message clair à l'attention de son successeur, sur l'importance «du respect des institutions» et «du respect des uns pour les autres».

Le président démocrate, auquel Donald Trump succédera le 20 janvier, a réaffirmé qu'il avait des différences de vue «très marquées» avec Donald Trump. Mais il a rappelé qu'il y a huit ans, il avait également des divergences profondes avec son prédécesseur George W. Bush, mais que cela n'avait pas empêché une transition «exemplaire» du pouvoir.

M. Obama recevra son successeur jeudi matin à la Maison-­Blanche pour évoquer la transition. Michelle Obama accueillera pour sa part la prochaine première dame, Melania Trump.

L'ancien président républicain George W. Bush, qui avait voté blanc à l'élection présidentielle, refusant de soutenir Donald Trump, a lui aussi téléphoné au nouveau président désigné pour le féliciter.

M. Trump aura pour gouverner l'appui des deux chambres du Congrès. Le Sénat et la Chambre des représentants ont conservé mardi leur majorité républicaine.

Il a passé la journée de mercredi enfermé dans la tour Trump à Manhattan, où l'ont rejoint le vice-président désigné Mike Pence et plusieurs membres de son équipe de campagne pour préparer la suite. M. Trump y a ses bureaux et sa résidence.

Le tribun populiste de 70 ans sera le plus vieux président à jamais entrer à la Maison-Blanche. Il n'a jamais occupé de fonction élective.

Mardi soir, dans son discours d'acceptation, Donald Trump s'est engagé «à être le président de tous les Américains». «L'heure est venue pour l'Amérique de panser les plaies de la division», a-t-il ajouté.

Réactions mondiales

Certains signes mercredi montraient que la démocratie américaine se préparait à digérer l'élection choc de M. Trump dans le respect des institutions et de la tradition.

Le président de la Chambre de commerce américaine, Thomas Donohue, a adressé un message de félicitation à Donald Trump, ainsi qu'aux nouveaux élus au Congrès.

Son élection a été accueillie mercredi avec inquiétude et souvent froideur dans le monde, où l'extrême droite s'est a contrario félicitée - la Française Marine Le Pen en tête - de l'avènement d'une nouvelle ère.

La victoire de M. Trump «ne me réjouit pas», mais, «librement élu», il a droit «à ce qu'on lui donne une chance», a observé le président du Parlement européen, Martin Schulz.

Plus pessimiste, le président français François Hollande a jugé que «cette élection américaine ouvrait une période d'incertitude».

Il a appelé l'Europe à resserrer les rangs peu après une réaction enthousiaste du premier ministre hongrois, Viktor Orban, populiste de droite, qui se félicitait d'une «excellente nouvelle».

Une réunion spéciale des ministres des Affaires étrangères de l'UE a été convoquée dimanche à Bruxelles.

«Je suis désolée»

La démocrate Hillary Clinton a souhaité mercredi le succès du président désigné Donald Trump, au lendemain d'un échec qu'elle a qualifié de «douloureux».

«J'espère qu'il va réussir en tant que président de tous les Américains», a déclaré Mme Clinton, visiblement émue, lors de sa première apparition publique depuis l'annonce de sa défaite face au milliardaire républicain, contrairement à ce que prédisaient tous les sondages.

Mme Clinton, 69 ans, qui rêvait de devenir la première femme présidente des États-Unis, a vu se briser mardi soir le rêve de toute une vie. C'était sa deuxième candidature à la présidence.

«C'est douloureux, et cela le restera pendant longtemps», a-t-elle déclaré.

«Nous avons vu que notre pays est plus profondément divisé que nous le pensions.» Mais «nous devons accepter ce résultat et nous tourner vers l'avenir. Donald Trump sera notre président, et nous devons être ouverts d'esprit et lui donner sa chance de diriger», a poursuivi l'ancienne secrétaire d'État.

Le transfert pacifique du pouvoir a une «valeur sacrée» dans la démocratie américaine, a-t-elle insisté.

«Plafond de verre»

La salle dans laquelle elle tenait son discours, dans un hôtel de Manhattan, était pleine à craquer. Elle était entourée sur scène de son mari l'ancien président Bill Clinton, de leur fille Chelsea et de son colistier Tim Kaine.

Au premier rang, les principaux membres de son équipe de campagne, dont beaucoup avaient l'air sonné.

«Ce n'est pas le résultat que nous voulions, et je suis désolée que nous n'ayons pas gagné cette élection, pour les valeurs que nous partageons et la vision que nous avons pour notre pays», a aussi déclaré Mme Clinton.

Petite consolation pour Mme Clinton, elle a perdu l'élection, dont le résultat est décompté État par État. Mais au niveau national, elle a obtenu environ 200 000 voix de plus que son adversaire, selon des résultats qui n'étaient pas encore complets mercredi soir.

Mme Clinton a aussi regretté de ne pas avoir «brisé le plus haut et le plus dur des plafonds de verre. Mais, un jour, quelqu'un le fera et, espérons-le, plus tôt qu'on ne l'imagine», a-t-elle ajouté.

Elle s'est ensuite offert un dernier bain de foule avec l'ancien président Clinton. Puis elle est repartie toujours escortée par des policiers du Secret Service (chargés de la protection des personnalités) laissant derrière amis, partisans et membres de son équipe de campagne dont beaucoup se serraient dans les bras.

«Elle reste une leader dans la défaite, comme elle a été une leader dans les triomphes», a commenté Kathy Sloane, une amie depuis trois décennies, et qui a embrassé l'ex-candidate après son discours. «Le deuil va durer un certain temps, je ne peux que prier pour qu'elle trouve la paix intérieure, avec le temps.»

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