«Représenter le public»

Les journalistes, au même titre que les politiciens, ont un rôle de... (PHOTO SEAN KILPATRICK, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE)

Agrandir

PHOTO SEAN KILPATRICK, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Les journalistes, au même titre que les politiciens, ont un rôle de représentation du public. Du moins, dans sa définition traditionnelle.

«Les journalistes sont là pour représenter le public, être ceux qui posent les questions que certains gens du public poseraient s'ils étaient là. [...] Le public a des attentes et les journalistes sont censés combler les attentes qu'eux-mêmes ont alimentées», explique Marc-François Bernier, professeur au département de communication de l'Université d'Ottawa et spécialiste en éthique et sociologie du journalisme.

Or, selon lui, ces attentes et la définition du travail des journalistes doivent évoluer.

C'est un refrain bien connu désormais, mais les médias sociaux changent complètement la donne.

M. Bernier estime que les journalistes doivent être plus critiques du discours politique et apporter des rectificatifs. Par exemple, préciser que le taux de criminalité est en baisse constante lorsqu'il est question de durcir les peines pour les criminels.

«Est-ce qu'il y a des raisons de prendre ces mesures-là? C'est plus ça qui doit être, plutôt que de répéter un peu béatement l'engagement du chef et de mettre en opposition les réactions déjà chorégraphiées et attendues des autres partis.»

D'ailleurs, Marc-François Bernier estime que l'accent mis sur la joute politique et l'analyse du discours des chefs rend la tâche plus difficile aux citoyens qui cherchent à s'informer sur les enjeux qui les touchent directement. La couverture médiatique actuelle réduirait, en quelque sorte, l'élection à un concours de personnalité.

Le professeur et constitutionnaliste Gilles LeVasseur, de l'Université d'Ottawa, croit que les médias doivent s'adapter au nouvel écosystème médiatique et faire un effort pour rendre le contenu politique plus attrayant. Il affirme qu'il y a actuellement une surabondance informationnelle et qu'il est facile pour le public de se tourner vers le divertissement, plutôt qu'être à l'affût des décisions du gouvernement.

«C'est très difficile pour les nouvelles politiques de compétitionner lorsqu'on a, sur la même page, les photos de Kim Kardashian enceinte. La curiosité est plus forte. Il faut se servir du visuel. Le visuel devient la force. [...] En politique, c'est des tableaux, des graphiques. Tout pour que l'individu regarde et comprenne. Les gens ne prennent plus le temps de lire.»

Si certains experts, comme Normand Baillargeon, refusent de blâmer les journalistes en raison du contexte dans lequel ils travaillent, d'autres comme Marc-François Bernier et Simon Tremblay-Pepin croient plutôt qu'ils ont la solution à portée de main.

«Je comprends que les journalistes se trouvent face à une contrainte, mais c'est une contrainte seulement dans la mesure où ils l'acceptent», soutient M. Bernier.

«Il y a beaucoup de temps de couverture journalistique en campagne électorale qui se consacre à des questions qui ne sont pas pertinentes. [...] Pourrions-nous avoir une idée plus claire des politiques économiques actuelles de M. Mulcair? C'est correct de sortir la nouvelle (les propos passé du chef du NPD sur les politiques de Margaret Thatcher), mais est-ce qu'on a besoin d'en faire un suivi pendant quatre jours?»

jpaquette@ledroit.com

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer