Les péquistes évoquent la mémoire de Jacques Parizeau

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Le chef péquiste Pierre Karl Péladeau a affirmé que le monde des affaires a bénéficié de la mise en place par M. Parizeau de nombreux outils de développement économique.

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La Presse Canadienne

Les péquistes se sont souvenus de l'ancien premier ministre Jacques Parizeau, décédé lundi soir, comme d'un homme d'État qui a fait entrer le Québec dans la modernité.

À l'Assemblée nationale, mardi, le chef péquiste Pierre Karl Péladeau a affirmé que le monde des affaires a bénéficié de la mise en place par M. Parizeau de nombreux outils de développement économique.

M. Péladeau a souligné la création de la Régie des rentes, de la Caisse de dépôt et placement du Québec ainsi que de la Société générale de financement, des réalisations auxquelles M. Parizeau est associé.

«M. Parizeau a profondément cru à la capacité des Québécois à devenir réellement maîtres de leur destinée et de leur avenir, a-t-il dit en Chambre. Grâce à sa détermination, il offrit au Québec l'émancipation financière, l'assurance que nous étions capables d'y arriver et le courage de faire nos propres choix.»

Concernant le projet d'indépendance du Québec, et l'échec référendaire de 1995, M. Péladeau a affirmé que l'ancien premier ministre a tracé la voie à suivre.

«Comme il nous l'a dit, quand nous échouons de si peu, on se crache dans les mains puis on recommence, a-t-il dit. Son oeuvre est inachevée, mais le chemin est tout tracé. Nous suivrons ses pas.»

Lors d'une conférence de presse qui a précédé, M. Péladeau a expliqué que son prédécesseur, qui a quitté la politique en 1996, été «une bougie d'allumage» qui l'a mené à s'engager politiquement pour l'indépendance du Québec.

M. Péladeau a affirmé que sa réflexion avait commencé à la suite d'une rencontre avec M. Parizeau «il y a quelques années».

«J'avais sollicité une rencontre, que j'ai obtenue avec lui, à son domicile de l'Île-des-Soeurs, a-t-il dit. J'ai eu avec lui une discussion autour du service public, de l'intérêt public et de l'intérêt du Québec. C'est à partir de ce moment-là que ma réflexion s'est entamée sur mon propre engagement en politique pour l'indépendance du Québec.»

M. Péladeau a souligné la contribution de M. Parizeau pour faire entrer la société québécoise dans la modernité.

«Grâce à lui et à de très rares autres, la nation québécoise a franchi les portes de la modernité jusqu'aux abords du pays du Québec, a-t-il dit. Il a été la bougie d'allumage pour les Québécois pour nous faire comprendre que tout était possible pour nos ambitions, ici comme ailleurs, sur toutes les tribunes.»

M. Péladeau a rappelé plusieurs des réalisations significatives de M. Parizeau, qui a été haut fonctionnaire durant la Révolution tranquille avant de faire de la politique active, comme ministre des Finances de 1976 à 1984.

Le chef péquiste a souligné notamment son rôle dans la nationalisation de l'électricité, dans les années 1960, à titre de conseiller économique et financier du premier ministre Jean Lesage.

«C'est Jacques Parizeau qui a obtenu un prêt important auprès des institutions financières américaines, alors que les syndicats financiers de la rue Saint-James et de Toronto s'opposaient à cette nationalisation», a-t-il dit.

M. Parizeau était au nombre des personnalités politiques souverainistes à avoir appuyé le saut en politique de M. Péladeau l'an dernier. L'ancien premier ministre était resté neutre dans la récente course à la direction.

Auparavant, M. Parizeau, qui n'avait plus sa carte de membre du PQ, avait appuyé Option nationale et son chef, Jean-Martin Aussant, qui avait claqué la porte du PQ. Le départ de M. Aussant avait été précédé de celui de l'épouse de M. Parizeau, Lisette Lapointe.

L'automne dernier, dans un discours, M. Parizeau avait dénoncé le flou référendaire et la «dérive» du Parti québécois. Il avait estimé que les souverainistes étaient devant un «champ de ruines».

Mardi, M. Péladeau a affirmé que M. Parizeau était demeuré souverainiste avant tout même s'il a pu sembler prendre ses distances du PQ au cours des dernières années.

«Ce dont je ne doute jamais et aucunement, ce sera que M. Parizeau était engagé pour faire du Québec un pays», a-t-il dit.

Ancien conseiller de M. Parizeau, le député péquiste Jean-François Lisée a souligné, en Chambre, l'indépendance d'esprit de M. Parizeau, qu'il a voulu instiller aux Québécois.

«Il les représentait tel qu'il voulait qu'ils deviennent: désinhibés, décomplexés, déjà indépendants dans leur tête et dans le monde, a-t-il dit. C'est parce qu'il était né dans l'argent que Jacques Parizeau n'était pas intimidé par les forces de l'argent.»

Première ministre pendant 18 mois, jusqu'en avril dernier, Pauline Marois a déclaré dans un communiqué que M. Parizeau, qui a déjà critiqué son leadership, a toujours été habité par l'ambition de permettre au Québec d'accéder au rang de pays souverain.

«Fidèle à son engagement de servir les Québécois, il n'a jamais cessé de réfléchir aux voies de passage pour nous permettre d'occuper une place à la hauteur des aspirations légitimes auxquelles nous pouvons prétendre, a-t-elle dit. Aujourd'hui, pour toutes celles et ceux qui croient dans notre avenir, pour tous les militants de l'indépendance, c'est un homme inspirant qui s'éteint.»

Depuis Londres où il habite maintenant, Jean-Martin Aussant a déclaré que M. Parizeau a été sa principale source d'inspiration.

«C'était un révolutionnaire dans le plus pur et le plus pacifique sens du terme», a-t-il écrit sur sa page Facebook.

M. Aussant a affirmé que M. Parizeau «possédait aussi une combinaison improbable en ce qu'il était un homme de chiffres qui a du coeur».

«Il faut reconnaître objectivement qu'il aura au moins eu le courage et l'honnêteté de toujours être clair dans ses propos, a écrit M. Aussant. Je dirais même que c'était du respect envers la population à laquelle il s'adressait.»

Le député péquiste François Gendron a de son côté souligné la rigueur et le sens de l'État de M. Parizeau. M. Gendron, qui a été du premier gouvernement péquiste élu en 1976, a rappelé qu'il avait bénéficié de ses conseils, alors qu'il était jeune ministre.

En Chambre, M. Gendron a rappelé que M. Parizeau a planifié soigneusement sa stratégie en prévision du référendum, en effectuant une tournée avant la consultation.

«Mais, pour faire le tour du Québec, il faut avoir des choses à dire, il faut avoir des arguments, et M. Parizeau en avait par rapport à ce qu'il a toujours porté fièrement, un Québec normal, un Québec complet, un Québec adulte, un Québec mature, et ça, ça s'appelle une pleine et entière capacité de s'autosuffire, de se gérer nous-mêmes», a-t-il dit.

Ancien chef péquiste, André Boisclair a expliqué dans un communiqué que M. Parizeau a contribué à montrer que le changement est possible.

«Il m'a appris que ce ne sont ni le sort, ni la nature, ni le courant de l'histoire qui déterminent la destinée, mais le travail de nos mains guidé par la raison et des principes, a-t-il déclaré. Il a démontré à tous les Québécois que notre avenir n'est jamais hors de la portée de notre volonté.»

Le député péquiste Maka Kotto a fait référence à la controverse suscitée par les propos de M. Parizeau, le soir du référendum de 1995, quand il a attribué la défaite «à l'argent et au vote ethnique».

M. Kotto a affirmé que M. Parizeau avait été victime d'une injustice et d'un procès d'intention.

«On avait détourné une phrase pour le fustiger, a-t-il dit. Si celles et ceux qui ont poussé les hauts cris à la suite de cette phrase du 30 octobre 1995 avaient poussé la recherche du sens, on n'aurait pas traité M. Parizeau de cette façon.»

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