Immigration en milieu minoritaire: anglos et francos, même combat, dit Fraser

«Jusqu'à un certain point, les difficultés que connaissent... (PHOTO ÉTIENNE RANGER, ARCHIVES LE DROIT)

Agrandir

«Jusqu'à un certain point, les difficultés que connaissent les communautés anglophones du Québec en matière d'immigration sont similaires à celles que doivent surmonter les communautés francophones du reste du pays», affirme Graham Fraser.

PHOTO ÉTIENNE RANGER, ARCHIVES LE DROIT

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Paul Gaboury
Le Droit

Le commissaire aux langues officielles, Graham Fraser, exhorte le fédéral à faire plus pour accroître l'immigration francophone hors Québec, mais aussi l'immigration anglophone au Québec.

Dans son rapport annuel d'à peine 42 pages, son avant-dernier avant son départ prévu en octobre 2016, le commissaire Fraser fait un rappel des sept recommandations qu'il avait formulées pas plus tard que l'an dernier sur l'immigration francophone. Avec ses homologues de l'Ontario et du Nouveau-Brunswick, le commissaire Fraser préconisait un plan d'action pour hausser le niveau d'immigration francophone hors Québec, qui n'atteint que 2%, alors que l'objectif du gouvernement est deux fois plus élevé. Les plus récentes données du nouveau service Entrée express indiquent qu'à peine 200 des 22000 (1%) immigrants actuellement inscrits sur le portail sont francophones.

Le commissaire Fraser a toutefois surpris, dans son rapport déposé hier, en présentant trois recommandations sur l'immigration anglophone au Québec. Selon lui, «la contribution des Québécois d'expression anglaise et des immigrants anglophones n'est pas toujours perçue à sa juste valeur au Québec», alors que la Belle Province compte «2,2 fois plus d'entrepreneurs anglophones que francophones».

Malgré cela, l'État québécois ne fournit pas les ressources nécessaires aux organismes capables d'offrir un soutien de qualité aux immigrants qui s'expriment dans la langue de Shakespeare, estime le commissaire. «Moi, je crois que la communauté anglophone ne représente pas une menace pour la majorité française au Québec, et je pense qu'elle représente un appui important pour le Québec. Et ce rôle d'appui devrait être reconnu.»

«Jusqu'à un certain point, a poursuivi le commissaire, les difficultés que connaissent les communautés anglophones du Québec en matière d'immigration sont similaires à celles que doivent surmonter les communautés francophones du reste du pays. En effet, certaines ont de la difficulté à attirer un nombre suffisant d'immigrants francophones pour pallier leur faible taux de natalité et l'exode des jeunes, et pour revitaliser leurs institutions à long terme.»

La présidente de la Fédération des communautés francophones et acadienne, Marie France-Kenny, s'est dite étonnée que le commissaire s'en soit tenu à réitérer les recommandations faites sur l'immigration francophone en novembre 2014. Selon elle, la balle est maintenant dans le camp du gouvernement.

«Nous aurions pu nous attendre à ce que le signal d'alarme que nous avons lancé sur l'immigration francophone suscite également un cri d'alarme», a-t-elle réagi. «Nous sommes dans une année électorale. Les francophones en ont assez des manquements répétés à la Loi sur les langues officielles. Nous nous attendons à ce que tous les partis prennent des engagements concrets pour le respect et la pleine application de la Loi», a indiqué Mme Kenny.

Quelque 550 plaintes

Le nombre de plaintes jugées recevables par le commissariat aux langues officielles a atteint 550, au cours de la dernière année. Pas moins de 126 d'entre elles touchaient la langue de travail, un sommet des quatre dernières années. Le commissaire n'a pas été en mesure de préciser si les compressions budgétaires pouvaient expliquer cette hausse. Les plaintes concernant les services offerts au public sont passés de 282 à 320, en l'espace d'un an. Un total de 45 plaintes ont été reçues par rapport aux exigences linguistiques des postes.

Par ailleurs, le rapport de vérification sur Air Canada complété en 2014 a permis de constater que le transporteur, maintes fois pointé du doigt en de services en français, n'a mis en oeuvre qu'une seule de ses 12 recommandations, si bien que les problèmes cernés en 2010 persistent toujours.

- Avec La Presse Canadienne

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer