Entrée express: à peine 2% des immigrants inscrits sont francophones

Le ministre fédéral de la Citoyenneté et de... (PHOTO DAVID BOILY, ARCHIVES LA PRESSE)

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Le ministre fédéral de la Citoyenneté et de l'Immigration, Chris Alexander, avait présenté le portail comme une solution pour hausser le nombre d'immigrants francophones hors Québec.

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Paul Gaboury
Le Droit

Présenté par le fédéral comme la solution pour accroître l'immigration francophone hors Québec, le portail Entrée express ne semble pas les attirer en grand nombre, pour le moment.

À peine 200 des 22000 personnes inscrites au nouveau portail électronique seraient francophones, ce qui est loin de remplir les attentes, déplore la députée néo-démocrate de Charlesbourg-Haute-Saint-Charles, Anne-Marie Day.

Depuis janvier 2015, le gouvernement fédéral utilise le nouveau système électronique Entrée express pour gérer les demandes de résidence permanente présentées pour certains programmes d'immigration économique. Le ministre de la Citoyenneté et de l'Immigration, Chris Alexander, l'avait présenté comme une solution pour augmenter le nombre d'immigrants francophones hors Québec.

«Pourtant, sur plus de 22000 personnes inscrites dans le bassin de recrutement, seulement 200 sont francophones», a déploré Mme Day lors d'une intervention à la Chambre des communes.

Cette dernière a rappelé que, selon les derniers chiffres, à peine 2% de la population immigrante hors Québec déclare le français comme première langue officielle parlée.

«Comment le ministre compte-t-il atteindre la cible de 4% d'immigrants francophones en s'y prenant de cette façon?, a indiqué la députée. C'est bien en deçà des objectifs gouvernementaux pour assurer le maintien du français hors Québec.»

L'intervention du NPD survient à quelques jours du dépôt du rapport annuel du commissaire aux langues officielles, Graham Fraser, qui fera le point notamment sur l'immigration francophone hors Québec.

Un problème d'identification, déplore la FCFA

À la Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA), on a estimé que le chiffre de 200 immigrants représenterait le nombre de personnes qui ont choisi de passer leur évaluation linguistique en français.

La présidente de la FCFA, Marie-France Kenny, a déjà déploré qu'Entrée express ne permette pas d'identifier réellement les immigrants francophones inscrits. Elle déplore l'absence d'incitatif pour accroître le nombre d'immigrants francophones.

Les demandeurs peuvent ainsi choisir l'anglais à la place du français s'ils estiment qu'ils auront peut-être plus de chances de décrocher un emploi en arrivant au pays, avait-elle souligné.

À son dernier passage devant le comité des langues officielles, Mme Kenny avait aussi qualifié de «scandale» la situation de l'immigration francophone hors Québec, et avait exigé un «coup de barre immédiat» du gouvernement fédéral pour éviter un désastre pour les communautés.

La réponse du gouvernement

En Chambre, le secrétaire parlementaire du ministre de la Citoyenneté et de l'Immigration, Costas Menegakis, a réitéré que le gouvernement s'était engagé à accroître le nombre d'immigrants francophones par le biais d'Entrée Express, en ayant toujours l'objectif d'atteindre 4% d'immigrants francophones d'ici 2018.

«L'année dernière, nous avons accueilli presque 1500 immigrants francophones à l'extérieur du Québec avec les divers programmes mis en place, et notre objectif est atteindre 4% d'immigration francophone d'ici 2018», a-t-il indiqué.

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