Génocide arménien: commémoration sous haute tension

Des Canadiens d'origine arménienne sont venus en autobus... (Etienne Ranger, LeDroit)

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Des Canadiens d'origine arménienne sont venus en autobus de Montréal, Cambridge, Toronto et Windsor pour commémorer le génocide.

Etienne Ranger, LeDroit

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Mama Afou

Collaboration spéciale

Le Droit

L'heure n'était pas encore à la réconciliation, vendredi, entre les communautés arménienne et turque du Canada.

Venus commémorer le centenaire du génocide des Arméniens de 1915, près de 8000 manifestants d'origine arménienne étaient présents devant le parlement à Ottawa. Ces manifestants qui étaient regroupés d'un côté de l'allée principale de la colline parlementaire ont fait face à un groupe d'une centaine de manifestants d'origine turque qui étaient regroupés de l'autre côté de l'allée et qui étaient venus contester l'existence même de cet épisode génocidaire.

Selon le directeur exécutif du Comité national arménien du Canada, le dénie du génocide par une partie de la population turque est regrettable. «J'aimerais bien qu'on puisse un jour parler du génocide et commencer à guérir cette plaie, explique Apraham Niziblian. Malheureusement, de leur côté, ils refusent de voir la véracité historique».

De fait, malgré la reconnaissance par 24 États du génocide - dont le Vatican et l'Allemagne, tout récemment -, les autorités turques continuent de nier le caractère génocidaire des massacres commis par l'Empire ottoman.

Pour Kevser Taymaz, présente à la manifestation et membre du Conseil des Canadiens turcs, il n'y a pas eu à proprement parler de génocide des Arméniens. Selon elle, plusieurs massacres ont eu lieu dans cette région durant la Première Guerre mondiale et les deux peuples devraient commémorer ensemble les morts de cette période sombre de l'histoire. «Ce qu'on doit faire, c'est se souvenir de nos pertes ensemble, c'est pour ça qu'on est ici, on veut que les politiques réalisent qu'on a aussi souffert durant la Première Guerre mondiale, on veut leur faire réaliser qu'on a eu des pertes aussi».

Malgré cette contre-manifestation, le ministre de la Défense et du Multiculturalisme, Jason Kenney, est venu soutenir la foule de Canadiens d'origine arménienne en déclarant que le Canada n'oublierait jamais le «génocide» des Arméniens perpétré par l'Empire ottoman.

Des manifestants venus de loin

De nombreuses personnes étaient venues en famille et de très loin pour commémorer cet anniversaire. «Il y a des bus de Montréal, de Toronto, de Cambridge et de Windsor, on est très content de la mobilisation, on espère que le gouvernement turc entendra le message de tous ces Canadiens», affirme Apraham Nizibian.

De nombreux jeunes Canadiens d'origine arménienne portaient fièrement les drapeaux de l'Arménie. Pour ces jeunes, il est de leur devoir d'honorer leurs ancêtres tués et de faire reconnaître ce génocide. «C'est notre responsabilité, on est très persévérant, car nos ancêtres ont été déshumanisés et c'est notre devoir de perpétuer la mémoire et de toujours garder ça en tête et on ne va pas arrêter jusqu'à ce que les Turcs reconnaissent ce qu'ils ont fait», soutient Kevork Boyadjian, âgé de 17 ans.

De jeunes manifestants étaient aussi présents du côté turc, comme Ozgur Guney, 18 ans, venu de Montréal, pour qui il est important de «recadrer l'histoire» et de montrer que le «génocide n'existe pas», selon lui.

Malgré ce dialogue de sourds entre les manifestants, aucun incident n'a été rapporté par les policiers.

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