Le président du Sénat rend l'âme

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Originaire de Montréal, Pierre-Claude Nolin avait été nommé au Sénat par le premier ministre Brian Mulroney en 1993.

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La Presse Canadienne
MONTRÉAL

Politiciens et dignitaires ont rendu vendredi un vibrant hommage au président du Sénat du Canada, Pierre Claude Nolin, décédé la veille à l'âge de 64 ans.

Le parlementaire, dont les qualités de rassembleur étaient vantées de son vivant, semble avoir réussi à faire l'unanimité dans son trépas également, s'attirant des hommages transpartisans.

Le premier ministre du Canada, Stephen Harper, s'est dit «profondément attristé» du décès de M. Nolin, un homme plein de «courage» et de «patriotisme», «affable et cultivé».

La cause du décès de celui que l'on surnommait «PC» n'a pas été dévoilée, mais il était connu qu'il luttait contre une forme rare de cancer depuis 2010.

«Il fait maintenant partie d'un petit groupe de personnes dont la vie et l'exemple ont permis de rehausser l'institution qu'elles servaient, tout en contribuant au bien commun», a déclaré M. Harper.

Le chef de l'opposition officielle, Thomas Mulcair, a pour sa part dit avoir eu «la gorge serrée» en apprenant la mort de ce «grand gentilhomme qui a voué sa carrière à la vie publique et qui a servi le Parlement et le public avec compétence et dévouement».

Au parlement, les députés de la Chambre des communes ont observé une minute de silence en sa mémoire, et le drapeau qui flotte sur la Tour de la Paix a été mis en berne.

Pierre Claude Nolin avait été nommé au Sénat en 1993 par le premier ministre progressiste-conservateur Brian Mulroney, après avoir travaillé à ses côtés pendant de nombreuses années.

«Je l'ai choisi parce que c'était un homme d'une très grande intégrité qui était entièrement dévoué aux intérêts supérieurs du Québec, mais dans un contexte canadien», a expliqué l'ancien dirigeant en entrevue téléphonique avec La Presse Canadienne.

«Il avait ce que le président (français) François Mitterrand appelait la notion de l'État. Il respectait les institutions, il voulait les faire fonctionner», a ajouté M. Mulroney à l'autre bout du fil.

La reine Élizabeth II a transmis ses «pensées» et ses «prières» à sa famille et à «tous les parlementaires canadiens qui ont bénéficié de ses sages conseils».

Quant au gouverneur général du Canada, David Johnston, il a écrit que le souvenir de Pierre Claude Nolin «demeurera gravé dans la mémoire de tous ceux qui ont eu le privilège de le connaître».

Sa nomination au poste de président du Sénat remonte à novembre dernier. Il avait été choisi à l'unanimité par les sénateurs conservateurs, libéraux et indépendants.

«Pierre Claude est récemment devenu le président du Sénat, mais il était un personnage important dans la vie publique depuis plusieurs décennies. Bien que son passage en tant que président ait été bref, 'PC' a réussi à laisser sa marque», a déclaré le leader du gouvernement au Sénat, Claude Carignan.

M. Nolin, qui avait une formation d'avocat, était respecté et perçu comme un homme indépendant d'esprit.

Il a maintes fois voté contre son parti et a critiqué les intentions de Stephen Harper de transformer la Chambre haute en Sénat élu.

En 2002, il a aussi présidé un comité spécial du Sénat qui recommandait la légalisation de la marijuana.

Son décès survient pendant le procès du sénateur suspendu Mike Duffy, qui fait face à 31 chefs d'accusation de fraude, de corruption et d'abus de confiance.

En amorçant ses fonctions de président, Pierre Claude Nolin avait fait part de son intention de se comporter de manière non partisane et de tout faire pour défendre et restaurer la réputation de la Chambre haute.

À l'occasion de sa dernière sortie publique, en avril, alors même qu'il luttait contre la maladie, M. Nolin avait promis de resserrer ces règles et de rendre les sénateurs plus imputables encore en ce qui a trait à l'argent qu'ils dépensent.

Il souhaitait que le Sénat tende vers plus de transparence et de responsabilisation des sénateurs, des principes qui lui étaient personnellement chers.

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