La vie du sénateur Duffy dévoilée par son journal personnel

Mike Duffy... (Étienne Ranger, Archives LeDroit)

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Mike Duffy

Étienne Ranger, Archives LeDroit

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Steve Rennie
La Presse Canadienne

Le journal personnel de Mike Duffy, fourni comme preuve dans son procès pour fraude, corruption et autres qui a commencé cette semaine, offre l'occasion de voir de l'intérieur les cercles politiques alimentés par le pouvoir et les ragots dans lesquels l'ancien sénateur évoluait.

Dans ce journal, documenté avec discipline, M. Duffy a inscrit quotidiennement les endroits où il s'est rendu, qui il a rencontré, et même ce qu'il a mangé.

Il y a eu des cocktails et des repas - dont au moins deux soirées pizzas - au 24 Sussex, avec le premier ministre, Stephen Harper, et sa famille. Il y a également eu des soupers au Hy's, un restaurant de grillades d'Ottawa, haut lieu de rencontre de la scène politique.

À l'autre extrémité du spectre, M. Duffy a aussi mangé dans des chaînes et des restaurants de banlieue où les enfants d'une équipe de soccer pourraient atterrir après une victoire.

À propos d'une nuit dans un luxueux hôtel de la vallée de l'Okanagan, M. Duffy se dit impressionné par la vue de sa chambre sur le lac. Puis il y a des nuits dans des motels bon marché.

Le journal laisse entendre, tel que l'avocat de M. Duffy tente de le démontrer au tribunal, que l'ancien animateur de télévision était un sénateur spécial, une célébrité qui parcourait le pays pour faire des discours et amasser des fonds pour les conservateurs.

En effet, peu de pages sont consacrées aux aspects moins glamour de la vie sénatoriale: la lecture fastidieuse de projets de loi complexes, ou encore les longues audiences des comités. Ce qui ressort le plus du journal de Mike Duffy est plutôt l'image d'un homme tellement en contact avec la scène politique d'Ottawa que les journalistes et les conservateurs l'appellent pour être au courant des dernières rumeurs.

L'ancien ministre de la Défense, Peter MacKay, se serait confié à M. Duffy après que les médias ont appris que l'un des trois hélicoptères de recherche de Terre-Neuve-et-Labrador était allé le chercher dans un camp de pêche privé.

Selon le journal, M. MacKay sent qu'il s'est fait avoir par l'ancien directeur des communications de M. Harper, Dimitri Soudas.

«Peter MacKay dit à MD que Dimitri Soudas lui a ordonné de revenir de Terre-Neuve pour une séance de photos, puis qu'il a coulé l'histoire de l'hélicoptère aux médias», a-t-il écrit le 9 mai 2012, utilisant ses initiales pour faire référence à lui-même.

Mais au-delà des ragots, le journal est pertinent pour le procès qui vise à faire la lumière sur des remboursements de dépenses sénatoriales impropres. Certaines de ces dépenses découlent d'un séjour de trois jours à Vancouver avec sa femme, en décembre 2010.

Alors que son rapport de dépenses indique qu'il se trouvait là dans le cadre de ses fonctions de sénateur pour des discours et des réunions, son journal révèle plutôt qu'il s'est rendu à Vancouver avec sa femme après que leur fille a accouché.

Après avoir assisté à une soirée de financement pour l'organisme Cockrell House, ce soir-là, M. Duffy a passé la nuit chez son fils. Le lendemain, il a visité sa fille à l'hôpital. Plus tard dans la journée, il a pris l'avion jusqu'à Victoria pour un autre événement de financement pour Cockrell House. Son avocat, Donald Bayne, soutient que M. Duffy voyageait toujours pour des raisons sénatoriales, mais qu'il combinait, si possible, ses déplacements à des visites familiales.

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