Manifestation contre le projet de loi C-51

À Ottawa, devant l'édifice Langevin, ils étaient plus de... (Martin Roy, LeDroit)

Agrandir

À Ottawa, devant l'édifice Langevin, ils étaient plus de 500 manifestants opposés au projet de loi C-51.

Martin Roy, LeDroit

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Une marée de gens s'est retrouvée devant l'édifice Langevin - où se trouve le bureau du premier ministre, Stephen Harper -, samedi midi, pour protester contre le projet de loi C-51 sur les mesures antiterrorisme.

Environ 500 personnes se sont massées à l'angle des rues Elgin et Wellington pour décrier ce que plusieurs décrivaient comme une atteinte à la Charte canadienne des droits et libertés. Une manifestation organisée par une coalition de groupes communautaires et de syndicats, entre autres, simultanément avec d'autres actions ailleurs au pays.

Selon le porte-parole de cette coalition, l'avocat spécialisé dans les droits humains Yavar Hameed, le gouvernement du Canada pourrait désormais recueillir et partager de l'information sur un individu qui s'oppose à une politique gouvernementale.

«Je pense qu'à peu près tout là-dedans (le projet de loi) est inquiétant. La portée de la surveillance est vraiment élargie, affirme l'avocat ottavien. C'est très vague les paramètres là-dedans.»

Monia Mazigh, militante pour les droits de la personne et épouse de Maher Arar - citoyen canadien faussement accusé de terrorisme et déporté en Syrie par les États-Unis -, s'oppose également au projet de loi. Elle a tenu à participer à la manifestation pour témoigner de ses inquiétudes face à la portée de C-51.

«C'est un projet de loi qui a de graves conséquences et qui peut nous mener vers un état policier, affirme Mme Mazigh. Ils disent qu'on va arrêter des gens qui vont promouvoir le terrorisme. Si je dis que je suis contre ce projet de loi, est-ce que je vais être considérée comme une terroriste?»

La députée néodémocrate d'Hull-Aylmer, Nycole Turmel, était également parmi la foule. Comme son parti - qui a annoncé son opposition au projet de loi -, elle remet en question la nécessité de ces nouvelles mesures pour lutter contre le terrorisme.

Même si des sondages laissent croire que la majorité des Canadiens sont en accord avec C-51, Mme Turmel ne croit pas que les Canadiens appuient de telles mesures.

«Les gens sont inquiets et c'est normal. Si tu poses la question, "veux-tu plus de sécurité?", ils vont dire oui et c'est normal. Mais quand on leur explique les détails du projet de loi, c'est une autre histoire.»

Pas de menace à la liberté, selon Blaney

Le ministre de la Sécurité publique, Steven Blaney, assure que le projet de loi C-51 ne menace aucunement les libertés des citoyens, et qu'au contraire, il est essentiel pour assurer la sécurité des Canadiens.

Devant le Comité permanent de la sécurité publique, cette semaine, M. Blaney a défendu l'initiative du gouvernement, soutenant que le projet de loi était équilibré entre les pouvoirs accordés pour assurer la sécurité et la protection des libertés individuelles.

Le ministre Blaney affirme que les agents du Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS), par exemple, devront obtenir un mandat d'un juge fédéral avant de pouvoir intervenir pour éliminer une menace terroriste.

Steven Blaney a répété que le Canada doit se donner davantage d'outils pour lutter contre la menace suscitée notamment par le groupe armé État islamique.

Avec La Presse Canadienne.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer