Yves Bolduc quitte la politique

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Yves Bolduc

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Alexandre Robillard
La Presse Canadienne
QUÉBEC

Après avoir placé le gouvernement dans l'embarras une nouvelle fois avec ses propos sur les fouilles à nu, le ministre de l'Éducation, Yves Bolduc, a annoncé jeudi qu'il quittait la vie politique pour retourner à la pratique médicale.

M. Bolduc a fait part de sa décision jeudi matin au premier ministre Philippe Couillard et au caucus des députés libéraux, avant la période des questions à l'Assemblée nationale.

Après sa rencontre avec ses collègues, M. Bolduc a rencontré les journalistes dans un corridor du parlement, aux côtés de M. Couillard.

«Ce que j'ai annoncé à tous, c'est que j'ai pris la décision personnelle de retourner en pratique médicale, a-t-il dit. C'est une décision qui m'appartient, compte tenu de tout ce qui se passe autour en terme d'événements et de nouvelles.»

Ministre de l'Éducation et de l'Enseignement supérieur depuis l'élection d'avril dernier, M. Bolduc renonce également à son siège de député de la circonscription de Jean-Talon à Québec, qu'il représentait depuis 2008.

«Je démissionne en tant que ministre et également en tant que député, a-t-il dit. Donc c'est un départ de la politique.»

M. Couillard, qui avait refusé au cours des derniers jours d'exprimer sa confiance à l'endroit précisément de M. Bolduc, a évoqué le fait que M. Bolduc lui avait succédé au ministère de la Santé et dans Jean-Talon, quand il a lui-même choisi de quitter la politique avant de faire un retour.

«Il y a des journées douloureuses, il y a des journées tristes en politique, c'est une journée comme ça, a-t-il dit. Ceux qui en ont fait le savent et le sauront. J'ai accepté la décision de mon ami, de mon collègue Yves, celui que j'ai amené en politique en 2008 alors que moi je quittais le ministère de la Santé.»

M. Couillard a affirmé que qu'un successeur à M. Bolduc sera désigné prochainement, sans préciser d'échéancier.

«Il y aura dans les meilleurs délais un ajustement au conseil des ministres pour prendre acte de cette situation», a-t-il dit.

Les noms de la ministre de la Culture Hélène David et celui du ministre de l'Emploi François Blais ont circulé cette semaine.

Une décision est attendue d'ici le départ de M. Couillard pour Paris, en fin de semaine, à l'occasion d'une mission avec cinq ministres dont Mme David.

Depuis la semaine dernière, M. Bolduc était devenu une source d'embarras pour le gouvernement à la suite de déclarations à propos des fouilles à nu dans les écoles.

Cette semaine, en plus de refusé d'exprimer sa confiance envers son ministre, M. Couillard avait laissé la porte ouverte à un remaniement ministériel.

Jeudi, M. Couillard a souligné la contribution politique de M. Bolduc, dont le départ évitera au premier ministre un remaniement qui aurait été inhabituel après moins d'un an au pouvoir.

«Je voudrais encore une fois redire mon appréciation, mon amitié, mon chagrin également à Yves, a-t-il dit. C'est pas des moments agréables pour personne et la principale personne évidemment, c'est elle qui souffre le plus dans une journée comme ça. Mais il a autour de lui une famille, des proches, une carrière médicale qui l'attend.»

Yves Bolduc, qui aura 58 ans la semaine prochaine, avait été ministre de la Santé et des Services sociaux, de 2008 à 2012, dans le précédent gouvernement libéral de Jean Charest.

À la suite de l'élection des libéraux, en avril dernier, M. Bolduc est rapidement devenu une source d'embarras pour le gouvernement.

En juin, le ministre de l'Éducation s'est retrouvé au centre d'une controverse en raison d'une prime de 215 000 $ qu'il avait reçue à titre de médecin omnipraticien, durant le bref passage des libéraux dans l'opposition.

Cet incitatif visait à stimuler la prise en charge de patients, que M. Bolduc a cependant dû abandonner, ses fonctions de médecin étant incompatibles avec celle de membre du conseil des ministres.

La Régie de l'assurance maladie du Québec (RAMQ) avait réclamé 27 000 $ à M. Bolduc, soit la moitié des primes versées pour des patients qu'il n'avait pu suivre durant la période minimale de 12 mois exigée pour le versement de primes.

Devant le tollé, M. Bolduc avait décidé de verser la même somme à des organismes caritatifs de soins aux malades.

À la fin de l'été, M. Bolduc a suscité une nouvelle controverse en affirmant que les bibliothèques scolaires disposaient d'assez de livres.

Le ministre de l'Éducation avait à nouveau mis le feu aux poudres en déclarant que l'achat de livres était facultatif.

«Il n'y a pas un enfant qui va mourir de ça et qui va s'empêcher de lire, parce qu'il existe déjà des livres», avait-il dit.

La semaine dernière, M. Bolduc a fait les manchettes dans plusieurs pays en affirmant qu'il était acceptable que des directions d'écoles procèdent à des fouilles à nu d'élève en cas de soupçon de possession de drogue.

«Il est permis de faire des fouilles à nu, à une seule condition, il faut que ça soit très respectueux, il y a un cadre qui doit être respecté», a-t-il déclaré le 17 février.

Deux jours plus tard, M. Couillard l'a désavoué lorsqu'il a déclaré en Chambre qu'il ne souhaitait plus de telles fouilles dans les écoles du Québec.

«La question de la fouille à nu dans les écoles, la réponse c'est non, on n'en veut pas», avait ensuite dit le premier ministre.

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