Le premier ministre Couillard annule sa visite à Gatineau

Des dizaines de manifestants attendaient de pied ferme... (Martin Roy, LeDroit)

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Des dizaines de manifestants attendaient de pied ferme l'arrivée du premier ministre au colloque régional du Parti libéral du Québec, samedi après-midi.

Martin Roy, LeDroit

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Le premier ministre Philippe Couillard a dû rebrousser chemin, samedi, à Gatineau. Les forces policières ont préféré annuler sa présence au colloque régional du Parti libéral du Québec (PLQ) en raison des nombreux manifestants présents.

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C'est la ministre de la Justice, Stéphanie Vallée, qui a annoncé aux militants libéraux de l'Outaouais que le premier ministre, Philippe Couillard, n'assisterait pas au colloque pour des raisons de sécurité reliées à cette manifestation

Martin Roy, LeDroit

Selon nos informations, les autorités ne craignaient pas de menaces précises à l'endroit de M. Couillard, mais de nombreux manifestants bloquaient toutes les issues du Centre des aînés de Gatineau - où se tenait le colloque - et empêchaient certains militants d'entrer.

Le PLQ soutient qu'il y avait menace à la sécurité, non seulement du premier ministre, mais de tous les participants au colloque.

De son côté, le lieutenant Jean-François Beauchamp, du Service de police de la Ville de Gatineau (SPVG), affirme que la décision d'annuler la visite du premier ministre n'a pas été prise par son service. Ce serait la Sûreté du Québec qui a avisé le premier ministre de ne pas assister au colloque.

«Ce que je peux vous confirmer, c'est que je n'ai pas été témoin d'actes de violence et mes hommes ne m'en ont pas rapportés, souligne le lieutenant Beauchamp. La manifestation était organisée, il y avait beaucoup de tintamarre, mais il y avait au maximum 150 personnes.»

Le SPVG a envoyé huit policiers sur les lieux pour «assurer le périmètre extérieur».

Joint par LeDroit, le premier ministre Couillard s'est dit frustré par la situation, accusant les manifestants d'opter pour «l'intimidation» en raison de «la faiblesse de leurs arguments».

«On va continuer sur notre trajectoire. [...] On ne changera pas notre plan d'un iota.»

Philippe Couillard
premier ministre du Québec

«La bonne nouvelle, c'est que [le colloque] a lieu quand même. Les militants qui ont pu entrer sont là pour débattre, et c'est la plus belle victoire qu'on puisse avoir. Parce que, ces gens-là qui font de l'intimidation, ils dégradent leur propre cause», affirme M. Couillard.

«On va continuer sur notre trajectoire qui nous amène à l'équilibre budgétaire, à des baisses d'impôts et à l'assainissement à long terme des finances publiques pour le développement de l'économie. On ne changera pas notre plan d'un iota», ajoute le premier ministre.

Manifestation bruyante

Selon ce que LeDroit a pu observer, la manifestation était bruyante, mais semblait se dérouler sans anicroche. Des représentants de divers syndicats - notamment des fonctionnaires, des infirmières et des enseignants - étaient rassemblés.

À un certain moment, les manifestants se sont massés devant la porte avant du Centre des aînés de Gatineau. Certains d'entre eux ont frappé à la porte, mais se sont butés aux policiers du SPVG.

Des membres du PLQ présents pour le colloque ont pu se frayer un chemin à travers la foule sans trop de difficultés. Les policiers les laissaient alors entrer dans l'édifice. Un militant libéral a eu une prise de bec avec les manifestants après en avoir bousculé certains. Il s'agit du seul incident dont LeDroit a été témoin.

Le premier ministre devait arriver à 13h. Vers 12h55, un porte-parole du PLQ est venu aviser les médias que s'ils retournaient à l'extérieur, ils ne pourraient pas entrer de nouveau pour assister au discours du premier ministre.

La manifestation s'est poursuivie pendant près d'une heure après ce moment-là. Les témoignages sur la suite des événements sont plutôt contradictoires.

D'un côté, des membres du PLQ postés à l'entrée du Centre des aînés de Gatineau pour accueillir les participants du colloque, soutiennent avoir été quelque peu chahutés. Les manifestants auraient fait la vie dure à certains militants du parti, sans toutefois se faire menaçants ou violents.

D'autres membres du parti rapportent qu'un octogénaire a été insulté et traité de «menteur» en raison de son affiliation au PLQ. Certains membres ont également simplement rebroussé chemin pour ne pas affronter les manifestants.

Bill Clennett, activiste connu en Outaouais, était présent au rassemblement. Il affirme avoir été étonné lorsqu'il a appris que le premier ministre avait annulé sa visite. Il soutient également ne pas avoir aperçu d'acte disgracieux.

«Je sais que, pour quelqu'un qui n'est pas habitué d'être à une manifestation, ça peut être inquiétant. [...] Il se peut qu'il se soit passé quelque chose que je n'ai pas vu, mais ça m'étonnerait. C'était une atmosphère, en dépit de la colère sur l'austérité, bon enfant.»

Le conseiller régional de la FTQ en Outaouais, Dino Lemay, jure également n'avoir vu aucun geste répréhensible de la part des manifestants. Comme M. Clennett, il ne s'attendait pas à ce que le premier ministre rebrousse chemin.

«[Philippe Couillard] vient nous dire que les manifestants, c'est quasiment rendu des terroristes, qu'on intimide des gens. C'est complètement faux. [...] Chaque fois qu'un ministre est venu, on les a accueillis. Chaque fois, le ministre sortait de l'auto devant nous et rentrait à l'intérieur. Jamais personne ne s'est fait attaquer pendant une manifestation.»

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