Un adversaire de PKP le compare à Citizen Kane

Le candidat à la direction du Parti québécois... (Olivier Jean, Archives La Presse)

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Le candidat à la direction du Parti québécois Pierre Céré a fait un parallèle entre l'actionnaire de contrôle de Québecor, Pierre Karl Péladeau (photo), et le film Citizen Kane, qui raconte la soif de pouvoir d'un magnat de la presse aux États-Unis.

Olivier Jean, Archives La Presse

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Alexandre Robillard
La Presse Canadienne
LAVAL

Le candidat à la direction du Parti québécois Pierre Céré a évoqué samedi la possibilité que le favori dans la course, Pierre Karl Péladeau, soit en train de se payer un parti politique grâce à sa position d'actionnaire de contrôle du conglomérat médiatique Québecor.

M. Céré a invité ses adversaires dans la course à s'exprimer clairement sur les risques liés au fait que M. Péladeau continue à exercer un contrôle sur son entreprise tout en faisant de la politique.

Selon M. Céré, seul candidat qui n'est pas député, les intentions de M. Péladeau ne sont pas claires, bien qu'il ait promis de placer ses actifs en fiducie sans droit de regard s'il est élu chef du PQ.

Lors d'un point de presse, avant l'ouverture d'un conseil national du PQ, M. Céré a affirmé que plusieurs personnes veulent faire taire les critiques sur ce sujet afin de protéger M. Péladeau, qui est perçu comme un «sauveur».

Environ 450 délégués du PQ sont réunis pour la fin de semaine dans un hôtel de Laval à l'occasion d'un conseil national sur les grandes orientations à adopter.

Avant l'ouverture de l'événement, M. Céré a reconnu que la solution n'est pas simple, dans le cas de M. Péladeau, mais il croit que les autres candidats doivent faire comme lui et prendre position.

«Je me suis exprimé sur ces questions-là, j'aimerais ça que les autres candidats à la chefferie s'expriment aussi et clairement sur la question. Il y a un malaise certain.»

Malgré l'engagement de M. Péladeau à propos de ses actifs, M. Céré a fait un parallèle entre l'actionnaire de contrôle de Québecor et le film Citizen Kane, qui raconte la soif de pouvoir d'un magnat de la presse aux États-Unis.

Selon M. Céré, M. Péladeau ne doit pas attendre d'être élu chef pour faire des gestes.

«Ce n'est pas très clair ce qu'il veut faire avec ça, a-t-il dit. Il nous dit: "Les gens disent qu'ils m'appuient, il n'y en a pas de problème. Je peux continuer comme ça." Non M. Péladeau ne peut pas continuer comme ça. Est-ce que Citizen Péladeau est en train de se payer un parti politique?»

Pour le candidat, ces questions ne sont pas faciles à aborder durant la course à la direction, qui a été officiellement lancée mercredi, avec un vote prévu en mai.

«Ce que je constate c'est qu'en ce moment beaucoup de gens veulent mettre le couvercle sur la marmite parce que Pierre Karl Péladeau devient en quelque sorte une sorte de sauveur, a-t-il dit. Et on refuse de faire la radiographie de ce qui s'est passé. On refuse de faire les nécessaires débats qu'on a besoin de faire.»

La députée Martine Ouellet, candidate également, a aussi plaidé pour que les candidats expriment leurs positions sans malaise, sur tous les sujets. «Je pense que les gens doivent se positionner, a-t-elle dit. Je pense que le patinage, ce n'est pas suffisant. Les militants, les membres, du PQ c'est important qu'ils sachent où on se positionne.»

Concernant la situation de M. Péladeau, Mme Ouellet, ancienne ingénieure à Hydro-Québec, a affirmé qu'il a «un choix» à faire.

«Quand Pauline Marois m'a demandé, le jour fatidique de la formation du conseil des ministres, de devenir ministre des Ressources naturelles, elle m'a aussi demandé par la même occasion de démissionner de mon poste d'Hydro-Québec, où j'étais en congé sans solde, a-t-elle dit. Je n'étais pas en conflit d'intérêts, mais j'ai pris les décisions qui s'imposaient, j'ai pris mes responsabilités et c'est à M. Péladeau maintenant de prendre ses responsabilités.»

Mme Ouellet a par ailleurs expliqué que l'expérience de M. Péladeau dans le secteur des affaires était très différente de celle d'un parti politique.

«Il était aussi actionnaire majoritaire donc c'est très proche d'une entreprise familiale donc c'est une gestion qui peut être très autoritaire, ce qui n'est pas le cas pour la gestion d'un parti, ou d'un gouvernement, c'est très, très différent», a-t-elle dit.

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