7000 emplois occasionnels en péril au gouvernement québécois

Une épée de Damoclès plane au-dessus de la tête de pas moins de 7000 employés... (Photo Sarah Mongeau-Birkett, archives La Presse)

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Patrice Bergeron
La Presse Canadienne
QUÉBEC

Une épée de Damoclès plane au-dessus de la tête de pas moins de 7000 employés occasionnels du gouvernement du Québec.

Si le gel d'embauche du gouvernement Couillard est maintenu pour 2015-2016 comme il le laisse présager, des milliers d'entre eux perdront leur emploi le 31 mars, ou encore leur sort sera bien incertain, selon ce qu'a appris La Presse Canadienne. Déjà affectés, les services dans les régions pourraient être encore plus durement touchés, estime le Syndicat de la fonction publique du Québec (SFPQ).

Le SFPQ est alarmé par la situation de ses membres et confirme que 7000 personnes «potentielles» pourraient être licenciées dans à peine plus d'un mois. Les occasionnels ont un statut particulier «sans droit de rappel», ils n'ont ni congé de maladie, ni de vacances, mais obtiennent un pourcentage de revenu en échange. Cependant ils n'ont aucune garantie d'emploi et ne figurent pas sur la liste de rappel.

Dans une entrevue jeudi, la présidente du SFPQ, Lucie Martineau, a souligné qu'il y a beaucoup de jeunes parmi ces occasionnels et ils pourraient bien se détourner de la fonction publique.

«Quand on parle de la relève de la fonction publique et quand on parle d'attirer du monde dans la fonction publique, (ce n'est pas facile) si tous les ans on parle de gel, a-t-elle déploré. À un moment donné on ne veut plus se poser ce genre de question et on va se chercher un emploi ailleurs.»

L'incertitude règne déjà dans les bureaux des ministères et organismes du gouvernement, a-t-elle fait remarquer. Les occasionnels ne seront prévenus qu'à la mi-mars du non-renouvellement de leur contrat, soit deux semaines avant sa fin, en vertu des règles.

«Tout le monde vit toujours avec cette crainte, mais si on l'apprend à la toute dernière minute et aussi massivement...», s'est-elle inquiétée.

Le Conseil du trésor a fait savoir en début de semaine qu'il songeait à prolonger pour une année supplémentaire au moins le gel d'embauche mis en place pour l'année financière 2014-2015, qui se termine le 31 mars. Toutefois, la présidente du SFPQ a dit elle-même être laissée dans l'ignorance totale concernant les intentions du gouvernement sur le gel d'embauche envisagé. Les communications du syndicat avec le Conseil du trésor et son président, Martin Coiteux, sont inexistantes, a déploré Mme Martineau.

«Moi, je l'apprends par les médias, jamais le Conseil du trésor ne m'informe. Écoutez, moi, cela fait 25 ans que je suis là, et c'est la pire année. Aucune communication. Même dans le temps de Michelle Courchesne (l'ancienne présidente du Conseil du trésor du gouvernement Charest), cela allait mieux, on se voyait une fois de temps en temps», a-t-elle dit.

Depuis l'établissement du gel d'embauche en 2014, 281 personnes ont perdu leur emploi dans l'appareil gouvernemental parce que leur contrat n'a pas été renouvelé, a indiqué Mme Martineau. Elle a aussi fait référence au sort de 500 employés occasionnels du ministère de l'Emploi et de la Solidarité sociale dont le licenciement a été évoqué sans être confirmé.

En outre, les services gouvernementaux dans les régions se sont déjà détériorés en raison du départ des occasionnels, a dit la présidente du SFPQ, en énumérant notamment la Régie du logement, la Régie du bâtiment, ainsi que les directions régionales du ministère de l'Immigration ou la disparition de celles du ministère de l'Éducation.

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