Lutte antiterrorisme au Canada

Un imam prêche pour la prévention

Selon l'imam d'Ottawa Zijad Delic (droite), les intervenants... (La Presse Canadienne)

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Selon l'imam d'Ottawa Zijad Delic (droite), les intervenants sociaux devraient trouver des manières de lutter contre l'attrait de l'extrémisme en amont.

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Le Canada devra faire davantage d'efforts pour empêcher les jeunes de se radicaliser, a déclaré un imam d'Ottawa au comité sénatorial de la sécurité nationale et défense, hier.

Zijad Delic a déploré que l'attention des autorités ne soit pas assez portée sur les façons d'empêcher les extrémistes d'influencer des personnes vulnérables. Selon lui, elles pensent trop à tenter de modifier la pensée d'individus déjà sous la coupe des extrémistes. Il faudrait plutôt que les politiciens, les enseignants et les intervenants sociaux « trouvent des manières de lutter » contre l'attrait de l'extrémisme en amont.

L'automne dernier, la GRC avait indiqué qu'elle avait mené 63 enquêtes sur 90 extrémistes soupçonnés de vouloir se joindre au jihad à l'étranger ou qui étaient revenus au pays après avoir combattu outre-mer.

Le gouvernement fédéral a déposé depuis deux projets de loi visant à renforcer les capacités des agences canadiennes de sécurité à retracer et à prévenir les menaces terroristes. L'un deux, déposé vendredi, donnerait au Service canadien de renseignement de sécurité (SCRS) un pouvoir d'intervention contre d'éventuels terroristes.

Hier, les députés de l'opposition et les défenseurs des libertés civiles ont exprimé des inquiétudes quant à savoir si ce projet de loi n'allait pas trop augmenter le pouvoir de surveillance du SCRS. Le gouvernement conservateur a rapidement écarté ces considérations.

Harper pointé du doigt

Les commentaires de l'imam Zijad Delic suivent de près la sortie de deux organisations musulmanes, qui se sont dites très troublées par le langage utilisé par le premier ministre Stephen Harper au moment de présenter son projet de loi. « Peu importe l'âge de quelqu'un, qu'il soit dans un sous-sol, une mosquée ou ailleurs, a-t-il dit vendredi. Quand vous êtes engagés dans des activités qui font explicitement la promotion du terrorisme, il s'agit d'un acte criminel grave, peu importe qui vous êtes. »

Le Conseil national des musulmans canadiens et l'Association canadienne des avocats musulmans reprochent à M. Harper sa référence aux mosquées comme étant des foyers du terrorisme. « Nous rappelons au premier ministre que les mosquées canadiennes et les associations islamiques de partout au pays sont en première ligne du combat contre la radicalisation vers l'extrémisme violent et qu'elles ont travaillé, et travaillent encore, de concert avec les forces de l'ordre et les agences de sécurité pour promouvoir la sécurité publique », ont-elles fait valoir.

Le chef de l'opposition, le néo-démocrate Thomas Mulcair, a déclaré qu'il était irresponsable de la part du premier ministre d'« avoir inclus les mosquées dans ses commentaires ». « C'était une forme d'islamophobie, et c'était une erreur. »

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