Infrastructures: Wynne essuie un refus net du fédéral

Réunis à Ottawa vendredi, les premiers ministres des... (Chris Wattie, Reuters)

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Réunis à Ottawa vendredi, les premiers ministres des provinces et des territoires canadiens ont répondu à l'appel de Kathleen Wynne, qui réclamait la création d'un nouveau programme d'investissement en matière d'infrastructure.

Chris Wattie, Reuters

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La première ministre de l'Ontario, Kathleen Wynne, a convaincu vendredi ses homologues provinciaux de la nécessité d'un partenariat national pour les infrastructures. Mais le gouvernement fédéral n'est pas prêt à se lancer dans l'aventure.

Réunis à Ottawa vendredi pour discuter de divers enjeux nationaux, les premiers ministres des provinces et des territoires canadiens ont répondu à l'appel de Mme Wynne, émis d'il y a une dizaine de jours, qui réclamait la création d'un nouveau programme d'investissement en matière d'infrastructure.

À cet effet, les chefs ont demandé au gouvernement Harper de fournir un financement supplémentaire, au-delà de celui prévu dans le plan Chantiers Canada, afin d'appuyer les investissements dans les infrastructures jugées prioritaires par les provinces et territoires, «lesquels permettront d'accroître notre compétitivité sur le plan économique maintenant et pour un bon nombre d'années.»

«À l'heure actuelle, avec l'économie globale fragile, il est très important pour nous d'investir dans les infrastructures, à court terme pour la création d'emplois, mais aussi à long terme pour offrir une qualité de vie», a déclaré Greg Selinger, premier ministre du Manitoba dans un français adéquat.

Oliver Catégorique

Le ministre des Finances fédéral, Joe Oliver, a toutefois démontré très peu d'ouverture à un tel programme dans une déclaration écrite, publiée plus tôt en journée hier.

«Certains premiers ministres semblent inconscients des conséquences de l'instabilité mondiale actuelle et de la baisse spectaculaire du prix du pétrole, a-t-il pesté. Le moment ne pourrait être pire pour lancer un programme au déficit massif qui minerait la confiance des investisseurs [...] et multiplierait le fardeau que nous laissons à nos enfants en raison de ces dépenses.»

Pourtant, en matinée, un représentant de la banque d'investissement américaine Merrill Lynch avait dressé un portrait sur l'état de l'économie mondiale, pressant les chefs provinciaux d'investir dans les infrastructures afin d'assurer la santé économique de leur province.

«Je ne comprends pas, personnellement, comment le fédéral ne répond pas rapidement à notre demande, qui est vivement logique, raisonnable et basée sur des chiffres, a fait valoir à son tour le premier ministre québécois Philippe Couillard. Je suis vraiment surpris par ce message. Ça ne correspond tout simplement pas à ce que l'économie actuelle nous dicte de faire.»

De son côté, Mme Wynne n'a pas caché sa déception quant à la missive hâtive du grand argentier du Canada. «La réponse très rapide de M. Oliver à notre discussion démontre vraiment [...] que le fédéral, apparemment, n'écoute pas toutes les voix à cette table qui croient que l'investissement dans les infrastructures est important, et ce, sur plusieurs fronts.»

L'absence remarquée de Harper

L'absence du premier ministre canadien Stephen Harper n'est pas passée inaperçue hier. Ses homologues provinciaux étant déçus de ne pouvoir, à tout le moins, faire part de leurs doléances de vive voix.

«Il serait bon qu'il y ait parfois une rencontre entre le premier ministre du Canada et les premiers ministres provinciaux», a piqué M. Couillard. «Il aurait été très intéressant d'entendre les réactions du premier ministre Harper et du ministre Oliver à la suite de la présentation de l'économiste, qui était largement axé sur des investissements dans l'infrastructure», a renchéri Mme Wynne.

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