Pas de compressions «majeures» pour atteindre l'équilibre, promet Harper

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Le premier ministre Stephen Harper en plein discours, dimanche dernier.

Martin Roy, LeDroit

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Mélanie Marquis
La Presse Canadienne

Le fédéral soutient qu'il ne procédera pas à des compressions d'envergure pour atteindre l'équilibre budgétaire, mais il ouvre la porte à l'idée de puiser dans le fonds de prévoyance afin d'y parvenir.

En cette journée de rentrée sur la colline du Parlement, lundi, les conservateurs ont assuré qu'ils maintenaient le cap sur le retour à l'encre noire malgré la dégringolade des prix du pétrole.

Mais pour ce faire, le gouvernement pourrait piger dans le fonds de prévoyance de 3 milliards $, a reconnu au cours d'un point de presse le leader du gouvernement en Chambre, Peter Van Loan.

«Le fonds de prévoyance a toujours fait partie du budget et peut être utilisé en cas de circonstances imprévues», a-t-il exposé dans le foyer des Communes.

«Et dans l'éventualité où il ne serait pas dépensé au cours d'une année donnée, il peut évidemment être utilisé pour les finances du pays», a poursuivi M. Van Loan.

Le Nouveau Parti démocratique (NPD) n'est pas chaud à l'idée et plaide que les fonds mis de côté dans cette enveloppe sont destinés aux «désastres naturels» et non aux «désastres politiques».

Mais voilà, le premier ministre Stephen Harper s'est «peinturé dans un coin» en promettant des baisses d'impôt - des engagements qu'il se doit maintenant d'honorer coûte que coûte -, a déploré le porte-parole néo-démocrate en matière de finances, Nathan Cullen.

Et selon le député, pour éviter de perdre la face auprès de l'électorat, les conservateurs ont carrément commencé à «falsifier les livres comptables».

«Ils modifient les estimations du prix du baril de pétrole et des revenus qu'engrangera le gouvernement», a accusé M. Cullen.

«Pourquoi un ministre des Finances, un ministre des Finances conservateur, voudrait soudainement changer la formule pour ces estimations? Pour que la situation ait l'air plus reluisante qu'elle ne l'est en réalité», a-t-il tranché.

Le NPD profitera de sa journée d'opposition, mardi, pour réclamer la présentation «immédiate» d'une mise à jour financière et économique.

Les conservateurs ont déjà essentiellement fermé la porte à cette possibilité, lundi, par la bouche du ministre de l'Infrastructure, Denis Lebel.

«Le prochain budget sera au mois d'avril, a-t-il martelé. Nous balancerons le budget cette année, et comme à l'habitude, notre rigueur économique va être encore prouvée.»

Intercepté dans les couloirs du parlement, son collègue au Conseil du trésor, Tony Clement, a pour sa part assuré qu'il n'était pas question de sabrer dans les programmes de façon importante.

Le ministre fédéral des Finances, Joe Oliver, a annoncé il y a quelques jours qu'il reportait à avril le dépôt de son budget en raison de l'incertitude économique causée par la baisse du prix du pétrole.

Ce changement de paradigme sera au coeur d'un rapport que publiera mardi le Directeur parlementaire du budget (DPB).

Le document, intitulé «Incidences financières de la baisse des prix du pétrole», offrira une analyse des effets de la chute des prix de l'or noir sur la situation budgétaire du Canada.

Un rapport publié le 13 janvier dernier par la Banque TD concluait que le gouvernement devrait enregistrer un déficit de 2,3 milliards $ en 2015-2016 en raison de la baisse des cours du pétrole.

Dans sa plus récente mise à jour fiscale et économique, en novembre, le ministre Oliver faisait miroiter un surplus budgétaire fédéral de 1,9 milliard $ pour l'an prochain.

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