L'ancienne députée bloquiste Maria Mourani se joint au NPD

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Maria Mourani et le chef du NPD, Thomas Mulcair.

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Mélanie Marquis
La Presse Canadienne

Maria Mourani devient membre du Nouveau Parti démocrate (NPD), mais continuera à siéger comme indépendante à la Chambre des communes jusqu'au prochain scrutin.

De son propre aveu, l'ancienne députée bloquiste se cherchait une nouvelle famille politique à Ottawa. Après avoir été courtisée par deux formations fédérales, le Parti libéral et le Parti vert, elle a finalement jeté son dévolu sur le NPD.

«C'est tout un changement», s'est exclamée d'entrée de jeu Mme Mourani, en signant symboliquement une carte de membre format géant sous le regard de son nouveau chef, Thomas Mulcair.

«Ma nouvelle famille est tellement importante pour moi, parce que je ne me sens plus seule», a-t-elle lancé en riant, disant être une «joueuse d'équipe».

Le chef néo-démocrate s'est réjoui de sa prise, parlant d'un «honneur» pour sa formation politique.

Maria Mourani est «une femme de coeur et de courage», et «ses valeurs progressistes au diapason du Québec moderne rejoignent celles du NPD», a-t-il exposé.

La députée d'Ahunstic ne siégera pas au caucus du NPD, puisque cela irait à l'encontre de la politique du parti - elle devra se faire élire sous la bannière du NPD aux prochaines élections générales, prévues le 19 octobre 2015, pour avoir le droit de le faire.

Maria Mourani n'a pas voulu confirmer, mercredi, qu'elle briguerait en tant que néo-démocrate la circonscription montréalaise qu'elle représente depuis 2006. Elle a signalé qu'elle ferait son annonce «sous peu», mais qu'elle devait avant toute chose poursuivre ses discussions avec son exécutif.

Entre-temps, elle continuera à prendre part aux discussions et promet de faire entendre sa voix, et ce, même si elle n'a pas encore de place au sein du caucus néo-démocrate.

«Je resterai une députée indépendante, mais je suis une néo-démocrate aussi! Alors pour les votes, par exemple, je donnerai mon opinion. Je ne suis pas dans le caucus, mais je donnerai mon opinion», a-t-elle promis.

Le chemin ayant mené Mme Mourani dans le giron du NPD a été ponctué de deux invitations en provenance de formations rivales.

À en croire les propos de la nouvelle néo-démocrate, les libéraux ont voulu lui mettre le grappin dessus, la courtisant de manière «sérieuse» et «rapide» après son exclusion du caucus du Bloc québécois, en septembre 2013.

Elle a dit avoir décliné l'offre promptement, n'ayant pas la «même vision politique du Canada» que le Parti libéral et ne croyant pas au style de leadership de Justin Trudeau, en direction de qui elle a décoché quelques flèches.

«Je ne veux pas dire ça, mais je dois le faire: j'ai eu l'impression qu'il n'y avait pas de chef dans ce parti», a-t-elle lâché, se désolant de n'avoir pu rencontrer le chef libéral comme elle le souhaitait.

Justin Trudeau a nié la version des faits de Mme Mourani, assurant que c'était cette dernière qui avait approché son parti «à plusieurs reprises».

Mais au fur et à mesure que progressaient les démarches, elle n'a pas semblé assez «sérieuse» ou «intéressée» à se joindre au parti, ce qui a justifié la décision de ne pas organiser de rencontre formelle, a poursuivi M. Trudeau.

La députée d'Ahunstic avait été éjectée du caucus bloquiste en septembre 2013 en raison de son opposition à la charte de la laïcité du Parti québécois. Celui qui dirigeait la formation à l'époque, Daniel Paillé, lui avait reproché de véhiculer une opinion contraire à celle du Bloc.

Le sénateur conservateur Pierre-Hugues Boisvenu a dit craindre que Mme Mourani, une «bonne amie» qui «partage les mêmes philosophies» en matière de justice, ne se sente pas à l'aise au NPD.

«Ce que j'ai comme réflexion, c'est est-ce qu'elle va trouver vraiment sa niche dans ce parti-là, sachant qu'ils ne se situent pas au même niveau?», a-t-il demandé mercredi à l'entrée du caucus conservateur.

Thomas Mulcair a affirmé en conférence de presse qu'il avait passé en revue avec sa nouvelle recrue l'ensemble des positions du parti, et que celles-ci lui convenaient.

Les allégeances politiques de Mme Mourani ont évolué avec le temps. Entre septembre 2013 et aujourd'hui, elle sera passée de souverainiste à fédéraliste, et de bloquiste à néo-démocrate.

Invitée à commenter la façon dont ses commettants pourraient interpréter ce nouveau changement de cap, la principale intéressée a convenu qu'elle perdrait fort probablement des appuis dans le camp souverainiste.

«C'est une grande déception pour eux (les souverainistes) que je les ai quittés. Il ne faut pas oublier que j'ai été pour eux le symbole de l'intégration des personnes issues de l'immigration dans le mouvement indépendantiste», a-t-elle plaidé.

Mais elle a assuré que dans sa circonscription, on l'invitait à poursuivre son action politique, peu importe les couleurs qu'elle choisirait de défendre.

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