L'immigration francophone hors Québec piétine

Le ministre de la Citoyenneté et de l'Immigration... (Photo Adrian Wyld, Archives La Presse Canadienne)

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Le ministre de la Citoyenneté et de l'Immigration du Canada, Chris Alexander.

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«Une immigration francophone forte partout au Canada et des milieux de vie en français partout au pays, c'est notre vision.»

C'est le message qu'a livré le ministre de la Citoyenneté et de l'Immigration du Canada (CIC), Chris Alexander, hier à La Cité, dans le cadre du lancement national de la Semaine de l'immigration francophone.

Néanmoins, la réalité est tout autre alors que seulement 2% des immigrants francophones, ou un peu plus que 1400 nouveaux arrivants, se sont installés dans les provinces hors Québec l'année dernière alors que le gouvernement conservateur ciblait un taux de 5%.

«Je ne suis pas satisfait du rythme de croissance [...] Nous devons atteindre au moins une cible de 4% d'ici 2018», s'est repris le conservateur hier.

C'est approximativement la cible identifiée dans le plan stratégique du comité directeur Citoyenneté et Immigration Canada - Communautés francophones en situation minoritaire, formulée en 2006. Un taux de 4,4% avait alors été identifié en tenant compte de poids démographique des communautés francophones au pays à l'époque.

«Vous avez parlé d'une cible de 5%, et maintenant aujourd'hui de 4%. J'aimerais qu'on vise tout de même le 5% immédiatement. Ainsi, si nous atteignons le 4%, tant mieux, et si c'est 5% voire 7% à long terme, c'est encore mieux», répond Marie-France Kenny, présidente de Fédération des communautés francophones et acadienne du Canada (FCFA) qui avait invité le ministre Alexander à son lancement de la Semaine de l'immigration francophone.

Afin «d'assurer la croissance essentielle et astronomique» des immigrants francophones, le ministre Alexander a rappelé que son gouvernement entend se rabattre sur de nouveaux outils pour faciliter l'arrivée des immigrants en sol canadien.

En tête de liste, CIC lancera en janvier prochain un nouveau système électronique, appelé «Entrée express», pour gérer les demandes d'immigration. La base de données permettra aux immigrants de signifier leur intérêt pour le Canada, notamment en y établissant leur profil, afin d'attirer l'oeil d'un futur employeur et par conséquent d'accélérer les demandes de résidence permanente.

«C'est une façon révolutionnaire d'accueillir les immigrants, car tout s'effectue en ligne», louange le ministre fédéral.

Bien qu'applaudi par le FCFA, Mme Kenny croit que des considérations spéciales devront être apportées pour assurer l'atteinte des objectifs en matière d'immigration francophone hors Québec.

«Les francophones passeront par le même entonnoir d'immigration que tout le monde. Il faut apporter une lentille francophone au processus et trouver des moyens pour favoriser l'immigration francophone avec cet outil. Sinon, tout le monde tombe dans le même entonnoir. Comment peut-on s'attendre alors à des résultats plus que 2% en matière d'immigration francophone? Il faut trouver des moyens pour l'apporter à 5%.»

À cet effet, le FCFA espérait «s'asseoir à la table des gens d'Entrée express» depuis belle lurette pour atteindre cette cible. Ils ont finalement réussi à convaincre le ministre lors d'une rencontre improvisée dans les couloirs de la Cité hier...

Par ailleurs, le ministre Alexander est d'avis que les employeurs sont «de partenaires clés» pour éviter l'assimilation des immigrants francophones en milieu minoritaire. «Lorsqu'il y a un employeur intéressé par l'immigration francophone, capable de les intégrer, tout marche bien», dit-il.

Or, par plus tard que le 30 septembre dernier, le gouvernement fédéral a aboli le programme de l'Avantage significatif francophone. Mis sur pied expressément pour appuyer les communautés francophones en situation minoritaire, ce programme était conçu pour simplifier le processus d'embauche de travailleurs qualifiés d'expression française. L'abolition du programme a été annoncée le 12 septembre sans aucune consultation auprès des organismes francophones oeuvrant dans le domaine de l'immigration et à la «stupéfaction» de la FCFA.

Jfdugas@ledroit.com

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