Le nombre de francophones au Canada pourrait bondir

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Graham Fraser enquête à l'heure actuelle sur la façon dont le gouvernement du Canada compte les francophones vivant en milieu minoritaire, à la suite du dépôt d'une plainte par la Société franco-manitobaine (SFM).

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Philippe Orfali
Le Droit

Boom démographique en vue chez les francophones du pays. Pas de revanche des berceaux chez les Franco-Ontariens, ni d'immigration massive ailleurs. Mais si le commissaire aux langues officielles donne raison à la minorité linguistique du Manitoba, Ottawa pourrait être appelée à revoir la façon dont elle comptabilise les francophones.

Graham Fraser enquête à l'heure actuelle sur la façon dont le gouvernement du Canada compte les francophones vivant en milieu minoritaire, à la suite du dépôt d'une plainte par la Société franco-manitobaine (SFM).

Le groupe, qui représente les 44000 Franco-Manitobains, juge que la définition fédérale de «francophone» est périmée et que des changements s'imposent.

«Le calcul administratif ne reflète pas la réalité des familles exogames (où seulement un des parents est francophone) dont les membres sont bilingues et qui déclarent à la fois l'anglais et le français comme langue maternelle, mais où la langue du foyer est l'anglais», souligne Daniel Boucher, le directeur général de la SFM. Un nombre important d'immigrants francophones ayant une autre langue comme langue maternelle sont également exclus par les données fédérales, selon lui.

«Les individus de ces foyers peuvent travailler et fréquenter une école de la minorité et utiliser des services (fédéraux)» en français, sans toutefois être identifié comme francophones par Statistique Canada, illustre-t-il. 

Comble de l'ironie, le président de la SFM, Mamadou Ka, n'est pas reconnu comme francophone par le gouvernement fédéral.

En partie pour contourner ces limites des critères employés par le gouvernement fédéral pour quantifier le nombre de francophones vivant en milieu minoritaire, le gouvernement de l'Ontario a introduit, en 2009, ce qu'elle considère être une définition «inclusive» de la francophonie (DIF). La DIF calculée à partir de trois questions du recensement et estime le nombre de personnes qui ont le français comme langue maternelle et celles qui n'ont ni le français ni l'anglais comme langue maternelle (allophones), mais qui parlent français.

Statistique Canada évalue à quelque 542000 personnes la taille de la population francophone de l'Ontario. Queen's Park soutient plutôt que la province est peuplée de 611500 Franco-Ontariens. Un écart de près de 70000 personnes.

Selon un expert en droit linguistique, l'enquête de M. Fraser pourrait être lourde de conséquences, au Manitoba, en Ontario, et ailleurs. 

«Cette plainte-là va au coeur de savoir qui a le droit de recevoir des services en français auprès du gouvernement fédéral. Fondamentalement, le fédéral doit offrir des services "là où le nombre le justifie", et la façon dont on détermine le nombre de francophones est un enjeu particulièrement important. Et c'est important parce que le profil des francophones change», dit Mark Power, professeur à l'Université d'Ottawa et associé chez Heenan Blaikie. 

«Les critères actuels mènent à des problèmes à long terme. Si le nombre de francophones diminue, les services qui sont offerts (peuvent) diminuer.»

Dans l'éventualité où Graham Fraser rendrait une décision défavorable à la demande du groupe franco-manitobain, celui-ci n'écarte pas l'idée de se rendre en Cour fédérale pour faire entendre sa cause.

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