Le SPGQ dénonce les écarts salariaux

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Malgré les recommandations d'une étude réalisée 2008, rien n'a été fait depuis ce temps pour corriger les écarts qui se creusent, affirme le président du SPGQ, Richard Perron.

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Paul Gaboury
Le Droit

Les professionnels du gouvernement québécois sont largement sous-représentés dans la région de l'Outaouais, près de quatre fois moins qu'ailleurs au Québec, et leur rémunération est nettement inférieure à celle de leurs homologues travaillant dans la fonction publique fédérale. Il s'agit un écart salarial brut qui atteignait en moyenne 22 000 $ en 2012, soit 18,4 %. Si on inclut les avantages sociaux, l'écart moyen de la rémunération globale atteignait 27,2 %.

Et selon le président du Syndicat des professionnelles et professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ), Richard Perron, la situation ne peut plus durer et souhaite qu'elle soit prise davantage au sérieux non seulement par le gouvernement québécois, mais aussi par les autres décideurs et la population. M. Perron affirme que ces écarts ont un impact sur la capacité de maintenir une fonction publique québécoise compétente, notamment dans le contexte des révélations de la commission Charbonneau.

« En 2008, une étude réalisée par l'ÉNAP (École nationale d'administration publique) sur l'impact de la concurrence du gouvernement fédéral sur l'attraction et la rétention de la main-d'oeuvre des administrations publiques provinciale et municipale de la région de l'Outaouais avait pourtant permis de soulever une problématique bien réelle pour les professionnels du gouvernement du Québec, en particulier ceux travaillant dans la région de l'Outaouais », souligne le président Perron. Pourtant, ajoute-t-il, malgré les recommandations de cette étude de 2008, rien n'a été fait depuis ce temps pour corriger les écarts qui se creusent.

Dans l'étude de 2008, les raisons les plus souvent invoquées par les répondants ayant quitté leur emploi au gouvernement du Québec (et à la Ville de Gatineau) étaient la rémunération trop faible, le peu de possibilités de développer la carrière, des problèmes de bien-être psychologique et des conditions de travail non satisfaisantes.

Le SPGQ représente 25 000 membres, dont 253 travaillent en Outaouais, région où la proportion de professionnels de la fonction publique québécoise est de 1,41 % comparativement à 4,67 % dans le reste du Québec.

Étude ignorée

« Une autre étude avait été demandée en 2008, mais elle n'a jamais été faite. C'est inacceptable. Un jeune professionnel ici a le choix d'aller travailler au gouvernement fédéral où il peut gagner 27 % de plus. Dans le contexte de la commission Charbonneau où il est démontré que le Québec a besoin d'une fonction publique compétente, le gouvernement québécois n'est pas dans la partie pour aller chercher des candidats pour les 15 000 postes qu'il souhaite combler pour remplacer les 17 500 employés qui partiront à la retraite d'ici cinq ans », a-t-il ajouté.

Selon les chiffres de l'Institut de la statistique du Québec sur les salaires en 2012 et auxquels se réfère le président du SPGQ, un agent travaillant à Revenu Québec peut gagner 51 186 en salaire brut $ alors qu'un employé travaillant à Revenu Canada occupant le même niveau de poste gagne 66 732 $, ce qui représente un écart salarial de 30.4 %. C'est sans compter les avantages sociaux, dont la différence peut atteindre 77 % (22 700 $ au fédéral comparativement à 12 825 $ au gouvernement du Québec).

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