Un cowboy dans le labo

L'art et la science peuvent cohabiter. La preuve... (Benoit Sabourin, Le Droit)

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L'art et la science peuvent cohabiter. La preuve vivante de cette affirmation, Jérôme Dupras, bassiste des Cowboys Fringants, fait régulièrement la navette entre Ripon et Montréal, afin d'assouvir ses deux passions : la musique et la recherche.

Benoit Sabourin, Le Droit

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L'art et la science peuvent cohabiter. La preuve vivante de cette affirmation, Jérôme Dupras, bassiste des Cowboys Fringants, fait régulièrement la navette entre Ripon et Montréal, afin d'assouvir ses deux passions : la musique et la recherche.

La semaine, Jérôme Dupras est enseignant au Département des sciences naturelles de l'Université du Québec en Outaouais (UQO) et chercheur à l'Institut des Sciences de la Forêt tempérée (ISFORT), à Ripon, où il dirige le laboratoire d'économie écologique. Sous son aile, on retrouve une vingtaine d'étudiants gradués et de stagiaires post-doctoraux.

Les fins de semaine - et pas mal à tous moments lors des périodes de tournée plus intensives -, professeur Dupras va rejoindre ses acolytes des Cowboys Fringants pour fouler les planches et jouer devant des salles bondées, au Québec comme en France.

« Ma blonde et moi avons un Google Agenda qui est très précis », lance en riant le musicien de 37 ans et père de deux jeunes enfants, confortablement assis dans son bureau de l'ISFORT, ce pavillon de l'UQO qui servait à une autre époque de couvent du village.

Conciliation science-musique

L'amour de l'artiste pour la recherche scientifique ne date pas d'hier. Après avoir obtenu un baccalauréat en biochimie en 2002, M. Dupras avait mis les études universitaires sur la glace. À l'époque, les Cowboys Fringants venaient de lancer leur célèbre galette Break Syndical. Puis en 2004, La Grand-Messe a conquis le Québec. « Après le bac, ç'a un peu explosé », résume le principal concerné. 

De retour sur les bancs d'école en 2007, M. Dupras a finalement décroché son doctorat en géographie en 2014. C'est peu de temps après qu'il a atterri à Ripon. « Avec un doctorat, le seul emploi qui permet vraiment de concilier les horaires, c'est professeur. C'était parfait pour moi », raconte-t-il.

Avec son équipe de laboratoire, qui compte depuis peu sur l'apport d'un autre visage connu de la scène musicale québécoise - Matthieu Beaumont, cofondateur de l'ex-formation Tricot Machine et étudiant au doctorat en biologie -, le professeur Dupras traite de questions liées notamment à l'évaluation économique des services écosystémiques, à la conservation de la biodiversité, à la gouvernance et à l'aménagement du territoire. 

Auteur de plusieurs publications, M. Dupras a notamment signé Capital naturel : la valeur économique de la Trame verte de la Commission de la capitale nationale (CCN), une étude publiée en décembre dernier qui conclut que les 55 000 hectares d'espaces verts et de terres agricoles de la CCN représentent chaque année des bénéfices environnementaux d'une valeur de 332 millions de dollars, ce qui comprend le contrôle de la qualité de l'air, la filtration de l'eau, la régulation du climat, le stockage du carbone et la protection des habitats.

« Ce qu'on vient faire, c'est jeter un pavé dans la marre. Ce qu'on dit, c'est que faire du développement immobilier ou industriel et transformer le système naturel n'est pas nécessairement le meilleur développement économique. On pourrait être plus rentable si on conserve les espaces verts », illustre Jérome Dupras, à propos de son plus récent ouvrage.

Peu de progrès

Ce dernier considère la musique et la recherche scientifique comme étant des « soupapes l'une pour l'autre ». Le dénominateur commun entre les deux passions demeure le même : la préservation de l'environnement. 

Les Cowboys Fringants, récents gagnants du Félix de l'album rock de l'année pour Octobre, célèbrent d'ailleurs en 2017 leur 20e anniversaire de fondation. Le groupe renommé depuis toujours pour son côté engagé, qui s'arrêtera à la Salle Odyssée de la Maison de la culture de Gatineau, le 9 mars, a encore beaucoup à dire et mettre en lumière, clame le bassiste, qui soutient être un « optimiste réaliste » face au contexte social, environnemental et politique actuel. 

« Est-ce qu'il y a eu de grandes avancées depuis nos débuts ? Je pense que non. Il y a de beaux projets et des réflexions, mais le potentiel que nous avons au Québec de devenir un leader mondial en environnement, ce n'est pas juste en instituant une bourse carbone qu'on sera capable de le cristalliser.

Il y a des grands chantiers nationaux comme l'électrification des transports par exemple où il faut se positionner fermement. On a les outils pour faire de belles choses, mais il manque la volonté politique. »

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