L'UPA cible les sentiers de motoneige

Les motoneigistes de l'Outaouais et d'ailleurs au Québec... (Archives, Le Soleil)

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Les motoneigistes de l'Outaouais et d'ailleurs au Québec pourraient bien voir leurs sentiers préférés être bloqués par les agriculteurs.

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Les motoneigistes de l'Outaouais risquent de se buter à plusieurs sentiers fermés à compter du 1er février si le ministre de l'Agriculture, Pierre Paradis, refuse de mettre en veilleuse sa réforme sur le Programme de crédit de taxes foncières agricoles (PCTFA).

C'est du moins la menace évoquée par l'Union des producteurs agricoles (UPA) Outaouais-Laurentides qui demande à ses membres de bloquer le passage aux motoneigistes à leurs terres si aucune entente n'intervient entre les fermiers et le gouvernement d'ici la fin du mois.

Le président de l'UPA Outaouais-Laurentides, Richard Maheu, soutient que des agriculteurs ont déjà confirmé qu'ils allaient respecter la consigne envoyée par la fédération syndicale plus tôt cette semaine.

« Je ne peux pas vous dire le nombre mais on a plusieurs membres qui vont fermer leurs sentiers et c'est partout sur le territoire, autant en Outaouais que du côté des Laurentides. S'il y a un blocus, ce sera la faute au ministre qui ne démontre aucune ouverture. Le dossier traîne depuis avril dernier », plaide M. Maheu.

Le torchon brûle actuellement entre le ministère de l'Agriculture et les fermiers du Québec. L'UPA dénonce l'attitude du ministre Paradis dans le dossier du PCTFA. Selon le syndicat, les changements de paramètres au programme occasionneront des hausses considérables du compte de taxes chez une majorité d'agriculteurs. 

En ce qui concerne le territoire de la Fédération UPA Outaouais-Laurentides, les hausses prévues figurent parmi les plus élevées dans la province, entre autres dans les Basses-Laurentides, fait valoir la section locale de la fédération. Cette dernière indique que des analyses réalisées auprès de 25 producteurs de la région démontre que la réforme engendra des augmentations allant jusqu'à 75 % sur les comptes de taxes.

« J'ai des producteurs qui vont payer des milles et des milles de plus. J'ai un producteur qui va devoir payer 500 $ de plus de sa poche sur sa prochaine facture de taxes. Ce qu'on demande c'est d'être écoutés par M. Paradis », affirme le président de l'UPA Outaouais-Laurentides.

Les Ours blancs

Par ailleurs, M. Maheu balaie du revers de la main les accusations voulant que son syndicat soit en train de prendre en otage la population avec le blocus annoncé pour le 1er février.

« Enlever le droit d'accès à une propriété privée, ce n'est pas de prendre personne en otage. On donne un droit d'accès à notre propriété et nous n'avons aucune redevance là-dessus. Si on bloquait une route, ce serait de prendre du monde en otage, mais ce n'est pas ce qu'on fait », peste le président syndical.

Des affiches aux abords des sentiers de motoneige dans le but de sensibiliser les utilisateurs aux impacts de la réforme du PCTFA seront installées au cours de la fin de semaine dans la région.

Le Club de motoneige Les Ours Blancs, dans la Vallée-de-la-Gatineau, a déjà informé ses membres que le réseau en entier sera fermé à compter du 1er février si les deux parties n'ont pas réussi à s'entendre d'ici là. 

Le président et directeur général du club, Sylvain Marchand, précise que son association, qui regroupe quelque 650 membres et entretient 720 kilomètres de sentiers, appuie les revendications des agriculteurs. Même si ce n'est que 25 % de son réseau qui se trouve en terrain privé agricole, l'organisme n'a pas l'intention d'ouvrir le restant de ses pistes si les producteurs mettent leurs menaces à exécution. 

« Nous sommes partenaires avec les producteurs depuis des années. Ils nous laissent passer sur leur terrain sans aucun frais. Si on ne les appuie pas, on pourrait perdre des droits de passage l'année prochaine, ce qui pourrait représenter des milliers de dollars et même des pertes complètes de sentiers », a expliqué au Droit M. Marchand.

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