Plainte pour congédiement illégal rejetée

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Selon le rapport du Tribunal administratif du travail, Herman Currie a reçu pendant ses années de service plusieurs avis disciplinaires et avertissements en lien avec ses manquements professionnels et son refus de suivre les directives de l'employeur.

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Un ancien surintendant de la voirie à la municipalité de Namur a vu sa plainte pour congédiement illégal être rejetée par le Tribunal administratif du travail (TAT).

Herman Currie, qui a été à l'emploi de la municipalité de Namur de 2003 jusqu'à son licenciement pour bris de confiance survenu le 15 septembre 2015, tentait depuis de faire renverser cette décision par le TAT. 

Le principal concerné, dont les frasques et les multiples cas d'insubordination sont répertoriés dans la décision de la juge Susan Heap rendue le 12 décembre dernier, n'a finalement pas obtenu gain de cause.

M. Currie a été embauché comme inspecteur de la voirie à Namur en 2003, un poste de cadre dont le libellé a été modifié pour celui de surintendant de la voirie en 2010. Il avait comme principales responsabilités l'entretien des chemins de la municipalité, l'entretien et la réparation des véhicules et la cueillette des ordures. De plus, il devait superviser le travail et émettre des directives aux membres du personnel placés sous sa responsabilité.

Selon le rapport du TAT, M. Currie a reçu pendant ses années de service plusieurs avis disciplinaires et avertissements en lien avec ses manquements professionnels et son refus de suivre les directives de l'employeur.

« Le maire et des conseillers relatent que depuis plusieurs années, le conseil a demandé au plaignant, à maintes reprises, de fournir des informations pour indiquer où en sont rendus divers travaux de la voirie, mais que ce dernier n'en a jamais fourni. On lui demande donc de rencontrer la DG une fois par semaine pour lui faire un rapport verbal au sujet des travaux en cours, discuter des travaux à venir et répondre aux questions posées par les conseillers. Cependant, le plaignant ne le fait pas », est-il notamment écrit dans la décision du TAT. Pendant sa période d'emploi, M. Currie a également utilisé sur une base régulière un « langage non respectueux » à l'endroit des élus de Namur et de la directrice générale, en plus d'avoir émis dans des lieux publics des critiques et commentaires négatifs envers l'administration municipale.

« Déjà, le 18 novembre 2008, l'employeur rencontre le plaignant pour lui reprocher le langage non respectueux utilisé envers un employé temporaire qu'il traitait de "rat" et d'avoir dit que les pompiers allumaient eux-mêmes les feux », peut-on lire dans la décision de la juge Heap.

« Malgré l'avertissement, le plaignant utilise le terme "clowns" pour désigner les conseillers et "frog", "bison poilu" ou "poil de peluche" pour désigner le maire. »

C'est après les élections municipales de 2013 que le contexte s'est envenimé entre M. Currie et l'administration namuroise, selon les faits relatés dans la décision. La conjointe du plaignant s'était présentée contre le maire sortant lors de la campagne électorale et avait finalement perdu le scrutin aux mains de Gilbert Dardel. Celui-ci et M. Currie ont pourtant été des amis pendant 40 ans, selon le document du TAT. « Cependant, à la suite des élections de 2013, un froid s'installe dans leurs relations », précise la magistrate.

Moins de deux semaines avant son licenciement, l'ancien surintendant aurait par ailleurs posé une action répréhensible à l'endroit d'une employée qui s'affairait à une tâche dans le garage municipal. « Le geste, posé sans avertissement, de se coucher en cuillère, en s'allongeant à un pouce d'une employée qui travaille étendue sur le sol, est un agissement à connotation sexuelle totalement inapproprié. C'est d'autant plus le cas que le plaignant est un cadre qui doit avoir un comportement exemplaire », tranche la juge du TAT.

Selon cette dernière, la décision de Namur de congédier Herman Currie était justifiée puisque l'employeur a fait la preuve de fautes importantes de la part du plaignant. « Enfin, la municipalité a été patiente et a donné plusieurs chances au plaignant de corriger les manquements reprochés, en vain. C'est à bon droit qu'elle évalue que le plaignant ne changera pas son comportement et attitude », conclut le TAT.

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