La mine qui divise à Mulgrave-et-Derry

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Les Amis de la mine Back ont organisé une visite guidée du site afin de partager son potentiel.

Benoit Sabourin, LeDroit

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Une visite guidée organisée vendredi après-midi par les Amis de la mine Back, ce comité citoyens qui milite pour la sauvegarde de la mine désaffectée Wallingford-Back, à Mulgrave-et-Derry, a été interrompue par un groupe de résidents du secteur qui s'opposent à la mise sur pied d'un projet récréotouristique.

Au moins une vingtaine de propriétaires de résidences situées à proximité de l'ancienne carrière attendait de pied ferme l'autobus du regroupement, vendredi après-midi, à l'intersection du chemin de la Mine où un employé municipal fait le guet depuis le mois de juillet pour ne laisser passer que les véhicules conduits par des habitants du secteur. Les manifestants ont forcé la trentaine de participants de la visite guidée à faire les derniers kilomètres du trajet à la marche.

« On n'a pas besoin de ce développement-là. Avant, nous avions une vie normale et il n'y avait pas personne qui venait ici. Maintenant, c'est rendu un dépotoir, on a de la difficulté à passer sur le chemin, il y a des vidanges partout. Le monde n'a pas de respect », a lancé l'un des résidents des environs, André Blais.

Le tour guidé de l'ancien site d'exploitation de quartz et feldspath - qui a été en exploitation de 1924 à 1972 - visait à sensibiliser les élus et les médias de la région sur le potentiel touristique de l'endroit dont le sort est actuellement entre les mains de la MRC Papineau, entité gestionnaire des terres publiques intramunicipales de son territoire.

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Des manifestants ont perturbé la visite de la mine Wallingford-Back.

Benoit Sabourin, LeDroit

L'achalandage a pris une ampleur sans précédent au cours de l'été dernier au sein du petit village localisé à une vingtaine de minutes de Buckingham. La présence de la pittoresque carrière dont les immenses piliers plongent dans une eau turquoise est prisée par les passants qui viennent s'y promener, se baigner et faire la fête.

Pour régler le problème, le ministère de l'Énergie et des Ressources naturelles demande à la MRC Papineau de trouver une façon de sécuriser les lieux ou bien ceux-ci devront être dynamités. Le gouvernement régional doit se pencher sur la question mercredi soir, Papineauville.

Un centre d'interprétation?

Les Amis de la mine Back disent comprendre la frustration des citoyens, mais soutiennent qu'un centre d'interprétation géologique pourrait malgré tout être aménagé au sein de la mine désaffectée tout en gardant les automobilistes à l'écart du secteur résidentiel. Il serait possible de développer un tel projet tout en aménageant des voies de contournement à proximité, avance la porte-parole du groupe, Chantal Crête. 

« Il y a un énorme potentiel scientifique et sur le plan éducatif. [...] Je ne peux pas croire que pour régler des problèmes de nuisance, de sécurité publique et de détritus, on va prendre une décision irréversible qui est celle de détruire un vestige de notre patrimoine minier », a-t-elle affirmé.

Cette dernière s'est dite déçue que seulement deux des 24 maires de la MRC Papineau aient répondu présents à l'invitation de la visite guidée. Seuls David Pharand et André Bélisle, respectivement maires de Duhamel et Saint-Sixte, ont participé à l'activité.

Les conseillers de la Ville de Gatineau des secteurs Buckingham et Deschênes, Martin Lajeunesse et Richard Bégin, étaient également présents.

Des experts présents lors de la visite ont évoqué le potentiel géologique et naturel de l'endroit. Selon le biologiste Pascal Samson, des tests effectués il y a quelques jours à peine ont démontré que la mine Wallingford-Back abritait la grande et la petite chauve-souris brune. Cette dernière est une espèce menacée en raison notamment de la maladie du museau blanc.

« Le fait que nous avons détecté leur présence indique que la mine fait maintenant partie des sites d'hibernaculum d'hiver potentiels de l'Outaouais. Ce titre lui donne un statut particulier », a-t-il souligné.

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