Des odeurs «nuisibles» mais non toxiques à Thurso

L'étude de la qualité de l'air a été... (Patrick Woodbury, Archives LeDroit)

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L'étude de la qualité de l'air a été effectuée à l'été 2015 par le Centre d'expertise en analyse environnementale du Québec.

Patrick Woodbury, Archives LeDroit

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La puanteur qui sort des cheminées de la papetière Fortress, à Thurso, est «nuisible» mais non toxique pour la santé humaine.

C'est ce qui ressort d'une étude de la qualité de l'air effectuée à l'été 2015 par le Centre d'expertise en analyse environnementale du Québec (CEAEQ) et dont les résultats ont été dévoilés mardi soir, lors d'une séance d'information publique présentée à la salle communautaire de la municipalité.

Le ministère de l'Environnement avait commandé en 2015 une étude afin de déterminer le seuil des éléments chimiques propulsés dans l'air par Fortress.

Une première analyse effectuée à l'été 2014 par la firme EXP, embauchée à l'époque par l'administration thursolienne, avait démontré une concentration anormalement élevée de benzène dans l'air. Cette commande de la Ville de Thurso faisait suite à plusieurs épisodes de puanteur intense qui avaient fait l'objet de plaintes de citoyens.

Or, selon les conclusions du CEAEQ, il appert que les contaminants rejetés dans l'air ambiant par la papetière n'ont pas d'incidence sur la santé. 

«C'est une excellente nouvelle qu'on vient d'annoncer ce soir. Au niveau du conseil municipal, nous sommes très satisfaits des résultats», a lancé le maire de Thurso, Benoît Lauzon.

À l'été 2015, le CEAEQ a déployé à Thurso son unité TAGA - un laboratoire mobile sophistiqué - dans le but de procéder à une série d'échantillonnages de l'air répartie sur trois périodes, entre les mois de juillet et septembre.

Du sulfure d'hydrogène et du sulfure de diméthyle ont notamment été captés à quelques reprises au-dessus de la norme odeur, à proximité de l'usine et des bassins de traitement des eaux usées.

Un possible dépassement de la norme pour les particules en suspension totales sur une période de 24 heures, de même que la présence d'autres composés tels que des gaz soufrés et de l'ammoniac ont aussi été détectés à de faibles concentrations.

Toutefois, les valeurs observées, récoltées sur des périodes de quatre minutes, se retrouvent sous les niveaux occasionnant des effets importants pour la santé.

«Pas de cancer»

«La bonne nouvelle, c'est qu'on peut se dire qu'il n'y a pas de risque toxique à être exposé aux émissions de l'usine. Il n'y a pas de risques toxiques dans le sens où ça ne cause pas de maladies, ça ne cause pas de cancer et ça ne cause pas de malformation congénitale et de problèmes au niveau du développement des enfants. Tout ça, on peut vraiment mettre ça de côté», a lancé le Dr Jean-Pierre Courteau, directeur de Santé publique Outaouais, au terme du dévoilement des résultats.

Les émanations en provenance de l'usine peuvent néanmoins occasionner des effets sur la santé tels que l'irritation du nez, des yeux et de la gorge, de la congestion nasale, de la fatigue, du stress, des maux de tête et de la gorge et des troubles du sommeil, a rappelé le Dr Courteau.

La direction régionale du ministère de l'Environnement demande maintenant à Fortress de lui fournir des données en continu sur les contaminants qui ont fait l'objet de l'étude. Les citoyens seront également invités à remplir une fiche d'odeur lors des épisodes de puanteur plus concentrés. Le ministère espère ainsi être en mesure de documenter davantage le dossier.

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