Mulgrave-et-Derry victime de la popularité d'une mine abandonnée

Des gens s'aventurent dans la mine Wallingford-Back à l'année,... (Flickr/Eric_Chenel)

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Des gens s'aventurent dans la mine Wallingford-Back à l'année, certains pour y faire une randonnée sous la terre, d'autres pour s'offrir une session de plongée ou de baignade dans le bassin d'eau froide et bleue niché sous la paroi rocheuse.

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Une mine désaffectée au décor enchanteur qui fait dernièrement l'objet d'un véritable engouement sur Internet donne des maux de tête aux élus de la municipalité de Mulgrave-et-Derry, qui tentent par tous les moyens d'empêcher les nombreux visiteurs de s'y rendre.

La mine Wallingford-Back, située à l'extrémité du chemin de la Mine en pleine forêt - à une vingtaine de minutes au nord de Buckingham -, a été de 1924 à 1972 l'un des plus grands sites d'extraction de quartz et feldspath au Canada.

Propriété du ministère de l'Énergie et des Ressources naturelles, l'endroit est interdit au public et n'a pas le sceau de site touristique. Pourtant, des gens s'y aventurent à l'année, certains pour y faire une randonnée sous la terre, d'autres pour s'offrir une session de plongée ou de baignade dans le bassin d'eau froide et bleue niché sous la paroi rocheuse qui fait plusieurs mètres de profondeur.

Le hic, c'est que l'achalandage s'est enflammé ces derniers mois à Mulgrave-et-Derry, notamment à la suite de la diffusion d'un reportage de CTV en janvier dernier qui mettait en lumière des visiteurs ayant transformé l'endroit en patinoire de fortune au paysage majestueux.

«Le public n'est pas le bienvenu chez nous, sur le chemin de la Mine. C'est un chemin pour la circulation locale seulement. C'est une question de sécurité pour nos citoyens.»

Michael Kane
maire de Mulgrave-et-Derry
Une immense clôture est aussi érigée autour de... (Benoit Sabourin, LeDroit) - image 3.0

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Une immense clôture est aussi érigée autour de l'ancienne carrière, laquelle est accompagnée de panneaux d'interdiction. Les visiteurs trouvent toutefois des moyens de la contourner.

Benoit Sabourin, LeDroit

Le nombre de vidéos amateurs sur YouTube montrant des gens qui visitent les lieux a aussi monté en flèche depuis les derniers mois, ce qui contribue à augmenter le flot de curieux sur le site. Autrefois fréquentée essentiellement par la population locale, la mine attire désormais des touristes d'aussi loin que Toronto. 

Les habitants du secteur à bout de nerfs

Le maire de Mulgrave-et-Derry, Michael Kane, est exaspéré.

La situation est devenue intenable un certain dimanche au début du mois d'août, alors que plus de 200 voitures étaient garées le long du chemin de la Mine. Une vingtaine de propriétaires de résidences se sont essentiellement retrouvés pris en otage par la circulation dense qui empêchait les véhicules d'urgence de se rendre dans le secteur. C'est sans compter les nombreux déchets laissés par les gens sur place et dans les environs.

Le secteur n'a jamais été aussi fréquenté, fait valoir M. Kane.

«La municipalité de Mulgrave-et-Derry veut dire au public qu'il n'est pas le bienvenu chez nous sur le chemin de la Mine. C'est un chemin pour la circulation locale seulement. C'est une question de sécurité pour nos citoyens», peste-t-il.

Depuis quelques semaines, le chemin de la Mine est barré à environ deux kilomètres du site. Seuls les résidents du tronçon peuvent poursuivre sur la route en voiture. Grâce à une enveloppe de 5000$ provenant du budget discrétionnaire du député de Papineau, Alexandre Iracà, un employé est depuis posté au barrage afin de contrôler le flot de circulation. 

Une immense clôture est aussi érigée autour de l'ancienne carrière, laquelle est accompagnée de panneaux d'interdiction. Les visiteurs trouvent toutefois des moyens de la contourner et d'accéder à la caverne.

Une rencontre entre le maire de Mulgrave-et-Derry, Alexandre Iracà et des représentants de la MRC Papineau, de la Sûreté du Québec et du ministère de l'Énergie et des Ressources naturelles est prévue le 12 septembre à ce sujet.

La possibilité de développer la mine Wallingford-Back en site touristique contrôlé - un peu comme la caverne Laflèche - pourrait représenter une solution intéressante à long terme, croit M. Kane. Il faudrait cependant qu'un promoteur se manifeste. 

Le député de Papineau reconnaît la problématique et ajoute que le site lui-même n'est pas sécuritaire pour les visiteurs. M. Iracà indique qu'un possible projet d'attrait touristique fera partie des discussions le 12 septembre.

«Je pense que ce serait une très belle option. Est-ce que c'est viable et réalisable, ça reste à voir. L'aménagement d'un stationnement est-il faisable? C'est tout ça qu'il faut étudier. Toutes les solutions vont être mises sur la table, mais c'est clair que l'affichage et les clôtures fonctionnent à moitié en ce moment», dit-il.

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