La culture d'ail sème la controverse à Ripon

L'entreprise, qui possède un terrain de 80 hectares,... (Benoit Sabourin, LeDroit)

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L'entreprise, qui possède un terrain de 80 hectares, cultive surtout des petits fruits, ainsi qu'un peu d'ail.

Benoit Sabourin, LeDroit

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Un projet d'exploitation de sablière en vue de développer la culture de l'ail sur le terrain de la ferme Les Fruits de la Terre, à Ripon, est loin de faire l'unanimité parmi des voisins de l'entreprise, qui craignent de voir leur paysage bucolique et la qualité des lacs environnants être dévastés par le vaste chantier.

Dans une demande logée à la Commission de protection du territoire agricole (CPTAQ), Alain Bouffard et sa conjointe Julie Milette, tous deux propriétaires de la ferme Les Fruits de la Terre située dans le secteur des montées Meunier et Lavergne, demandent qu'on leur accorde un permis d'exploitation d'une sablière pour une durée de cinq ans afin de niveler et rendre une portion de leur propriété compatible à la culture de l'ail. 

Le plan mis de l'avant prévoit le déploiement d'une sablière sur un plateau d'une superficie de 6,85 hectares et d'une profondeur de 15 mètres d'extraction. L'entreprise, qui possède un terrain de 80 hectares, cultive majoritairement des petits fruits avec un peu d'ail. 

Les fermiers allèguent que le projet de mise à niveau de la terre leur permettra d'augmenter leur production d'ail de 8000 à 100 000 bulbes annuellement.

« On a la chance avec ce projet de devenir un joueur majeur au Québec dans la culture de l'ail. C'est une ressource qu'on exploite déjà, mais nous sommes toujours en rupture de stock tous les ans », explique au Droit Alain Bouffard. 

Après avoir refusé la demande lors d'une première orientation déposée en janvier dernier, des commissaires de la CPTAQ se sont finalement montrés favorables au projet en avril. 

Vive opposition

Depuis, une vive opposition s'organise à Ripon. Le dossier doit passer en audience publique le 25 juillet, date à laquelle quelques dizaines de citoyens en désaccord avec le projet viendront se faire entendre auprès de la commission.

Le bruit, la circulation constante de camions lourds sur les petites routes de la municipalité, l'impact environnemental et la poussière qu'occasionnerait une sablière dans le patelin sont autant d'éléments dénoncés par les détracteurs.

« Ça ne cadre pas avec la philosophie des gens ici. C'est touristique à Ripon. Il y a beaucoup de plein air. On ne veut pas de ce genre de chose chez nous, surtout qu'il y a des ruisseaux qui passent sur ce terrain et qui se déversent dans nos lacs », peste Ghislaine Delorme, une résidente du secteur.

Pour Michel Loignon, un résident du lac Daoust, cette demande inscrite auprès de la CPTAQ n'est que de la poudre aux yeux afin que les propriétaires de l'entreprise engrangent des profits en lien avec la sablière avant de quitter la région.

« C'est une procédure qui semble faire l'unanimité au Québec. On se sert d'un prétexte de culture et d'amélioration du territoire agricole pour faire passer la pilule à la CPTAQ », dénonce-t-il.

M. Bouffard défend les intentions de son entreprise et soutient que l'objectif demeure strictement agricole.

 « Nous sommes en processus de transfert agricole en ce moment. On veut qu'une famille puisse venir s'installer ici et qu'elle puisse vivre de l'agriculture. C'est vers ça qu'on veut amener la terre d'ici cinq ans. Présentement, on ne peut pas vivre de ça parce que ce n'est pas rentable. Si j'avais l'intention de ne pas faire de culture, je ne me casserais pas la tête et j'aurais vendu mon terrain à un extracteur », affirme-t-il.

Pour sa part, le maire de Ripon, Luc Desjardins, dit être sensible aux préoccupations du voisinage. 

Il soutient toutefois que des mesures d'atténuation ont été exigées par la municipalité lorsque celle-ci a appuyé le projet en 2015.

 Une zone tampon servant d'écran visuel entre la route et la sablière devra notamment être respectée durant le chantier. 

« C'est le devoir de la municipalité d'appuyer des initiatives qui visent à remettre des terres en culture », dit-il.

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