De coiffeuse à fermière-savonnière

Diane George pratique un élevage pour le moins... (Benoit Sabourin, LeDroit)

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Diane George pratique un élevage pour le moins inusité afin de concevoir ses produits cosmétiques: l'élevage d'ânesses.

Benoit Sabourin, LeDroit

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La vie réserve parfois des surprises. Diane George peut en témoigner. Cette femme de Saint-André-Avellin était bien loin de se douter il y a quelques années qu'elle passerait de coiffeuse à savonnière en peu de temps.

LeDroit est allé à la rencontre de cette entrepreneure de la Petite-Nation qui pratique un élevage pour le moins inusité afin d'arriver à concevoir ses cosmétiques: le lait d'ânesse.

«J'ai toujours adoré les animaux», lance d'emblée Diane George, debout devant son vaste enclos où on retrouve entre autres Cléopâtre, Anis et Noisette, trois ânesses qui s'offrent pour l'occasion un festin de foin au soleil.

Propriétaire de la savonnerie La Flâneuse depuis 2013, Mme George a été coiffeuse plusieurs années avant que l'idée de lancer son entreprise artisanale lui vienne en tête. C'est en novembre 2011, lorsque la dame et son conjoint - producteur de bisons - regardaient à la télévision un reportage sur la fabrication de savon à base de lait d'ânesse, que l'étincelle s'est déclenchée. «Mon conjoint m'a dit qu'il me verrait là-dedans. Moi, je n'étais vraiment pas certaine», raconte-t-elle.

L'idée a fait son chemin et Mme George a commencé à s'informer sur le Web par rapport au métier de savonnier. Elle est allée voir ce qui se faisait en Europe. Elle a ensuite entrepris des formations avec des spécialistes. Finalement, elle s'est acheté une première ânesse pour développer ce créneau d'élevage très peu répandu au Québec.

«Je voyais que beaucoup de gens fabriquaient du savon en Outaouais, mais aucun utilisait le lait d'ânesse. C'est rare, même au Québec. Pourquoi faire comme tout le monde? J'ai voulu essayer ça, surtout que c'est un lait qui ne perd pas ses vertus», explique Mme George.

Une production particulière

La ferme laitière du rang St-Louis que son conjoint et elle ont achetée en 2003, qui servait à l'élevage de chevaux, a ainsi été transformée pour les besoins de la cause.

Trois ans plus tard, la principale concernée, aujourd'hui âgée de 55 ans, se plaît plus que jamais dans son travail. Chaque année, Mme George fabrique entre 3500 et 4000 savons artisanaux à base de lait d'ânesse, grâce à un modeste troupeau d'à peine neuf têtes: cinq femelles, trois ânons et un baudet - le mâle reproducteur.

Son petit magasin adjacent à l'étable sert d'atelier de fabrication et d'écomusée destiné au public. On y apprend notamment que le secret de beauté de la reine d'Égypte Cléopâtre se trouvait dans ses bains de lait d'ânesse. C'est dans cette pièce que Mme George prend le temps d'expliquer les étapes de fabrication du savon aux gens qui débarquent chez elle.

Une donnée essentielle à considérer lorsqu'on fait ce type de production: la période de gestation d'une ânesse dure de 12 à 13 mois, souligne avec importance Diane George. «Il faut toujours prévoir qu'une ânesse porte un bébé si on veut être O.K. pour l'année suivante. Sans lait, ça devient difficile de fabriquer du savon», illustre l'éleveuse.

Une ânesse peut produire un litre de lait par jour pendant environ un an, ce qui en fait une substance très rare qui demeure malgré tout comestible. «C'est le lait qui se rapproche le plus du lait maternel. Si les gens avaient les moyens, c'est le lait qu'on pourrait donner à nos bébés, mais c'est très dispendieux, à moins d'avoir son propre élevage.»

Mme George réussit à récupérer environ 150 litres par année pour ses produits et laisse le reste au petit ânon.

De grands projets

Si cette dernière dit vouloir garder son entreprise à petite échelle, elle aimerait tout de même prendre de l'expansion ces prochaines années. Son souhait serait éventuellement d'agrandir la ferme.

La savonnerie a d'ailleurs lancé au début septembre sa boutique en ligne afin de vendre ses conceptions aux quatre coins de la planète.

«J'ai adoré mon métier de coiffeuse, mais ce n'était pas toujours facile. Tu es toujours debout, c'est demandant et exigeant. Ce changement de carrière fait que je travaille ici à la ferme avec les animaux. On ne sait pas ce que la vie la réserve. C'est comme un cadeau et on ne sait pas ce qu'il y a à l'intérieur», conclut Mme George.

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