La scierie Lauzon pourrait fermer ses portes

Le maire de Thurso, Benoît Lauzon, se dit... (Benoit Sabourin, LeDroit)

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Le maire de Thurso, Benoît Lauzon, se dit inquiet de la possibilité de la fermeture de la scierie, plus vieille industrie du village.

Benoit Sabourin, LeDroit

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Près de 300 travailleurs vivent présentement des moments d'incertitude dans la Petite-Nation. La direction de la compagnie Lauzon soutient qu'elle pourrait devoir mettre la clé dans la porte de sa scierie de Thurso, le 31 juillet prochain, si Québec ne fait rien pour améliorer ses conditions d'approvisionnement en bois.

Les employés ont été informés de la situation lundi. Un volume de bois jugé insuffisant, explicable par le nouveau régime forestier, et des frais d'exploitation trop élevés rendent la situation «intenable», selon le vice-président au développement des affaires et des projets spéciaux chez Lauzon, Michel Pitre.

Les normes de l'industrie prévoient que les volumes de bois disponibles doivent être répartis à 25 % aux scieries et à 75 % aux papetières. L'usine de Thurso, qui a été modernisée en 2007, grâce à des investissements de plus de 25 millions de dollars, est en mesure de scier 65 % de son bois. L'optimisation réalisée par l'usine de Thurso n'est pas reconnue par Québec, peste M. Pitre.

«Le gouvernement refuse de reconnaître notre optimisation. Non seulement, on ne nous donne pas le bois qu'on nous a garanti avec l'usine, mais en plus, le sciage qu'on fait en trop, on nous demande de le mettre en copeaux et de l'envoyer à la papetière. On se retrouve avec un volume insuffisant pour assurer la continuité des opérations», peste M. Pitre.

Depuis la mise en place du nouveau régime forestier, en 2013, les coûts d'approvisionnement de la scierie ont également augmenté de 15 %, fait valoir M. Pitre. «Tout ça mis ensemble fait que nous n'avons pas de visibilité en avant de nous. Nous n'avons aucune stabilité sur un horizon de cinq ans et on risque de devoir fermer à la fin juillet.»

La direction affirme avoir rencontré à reprises des représentants du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs et du milieu politique ces dernières années afin de proposer des solutions. Les gestionnaires sont toutefois demeurés sans réponse jusqu'à ce jour, clame M. Pitre, qui affirme que son entreprise est «à la croisée des chemins»

Une offre sous peu

Si le ton est alarmiste chez Lauzon, c'est tout le contraire dans le camp du gouvernement. Le député de Papineau, Alexandre Iracà, soutient qu'une entente pourrait survenir au plus tard dans les prochains jours. Une offre est présentement sous analyse au bureau du ministre Laurent Lessard, assure-t-il. «Je suis confiant qu'on puisse en arriver à une entente très bientôt. Si les pourparlers étaient rompus, je n'aurais pas le même discours, mais une offre qui je pense est intéressante est sur le point d'être présentée au groupe Lauzon et je suis optimiste», a indiqué M. Iracà.

Le maire de Thurso, Benoît Lauzon, se dit quant à lui «extrêmement inquiet» par la possible fermeture de la plus vieille industrie de son village. Il a échangé sur le sujet avec le ministre Lessard, lundi, et demeure optimiste que la situation se règle.

«De quelle façon ils viendront à bout de s'entendre, je leur laisse ça à eux, mais ça doit se faire rapidement parce que Lauzon doit entrer en forêt en juin pour préparer ses approvisionnements d'usine. Nous sommes dans les dernières secondes.»

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