Prière au conseil: Plaisance et Papineauville pourraient revoir leur façon de faire

Le plus haut tribunal du Canada a tranché... (Etienne Ranger, Archives LeDroit)

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Le plus haut tribunal du Canada a tranché le débat entourant le dossier à l'hôtel de ville de Saguenay en déclarant que la lecture d'une prière devant un conseil municipal allait à l'encontre de la liberté de conscience et de religion.

Etienne Ranger, Archives LeDroit

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Plaisance et Papineauville, les deux seules municipalités de la MRC Papineau qui amorcent encore leurs assemblées du conseil avec une prière, n'ont pas encore statué sur ce qu'il adviendra de cette pratique à la suite du jugement rendu mercredi par la Cour suprême.

Le plus haut tribunal du Canada a tranché le débat entourant le dossier à l'hôtel de ville de Saguenay en déclarant que la lecture d'une prière devant un conseil municipal allait à l'encontre de la liberté de conscience et de religion.

D'après les plus récents procès-verbaux des 24 municipalités de la MRC Papineau consultés par LeDroit, Plaisance et Papineauville sont les deux seules qui inscrivent encore à leur ordre du jour une prière avant le début des séances régulières.

Le maire de Papineauville, Christian Beauchamp, a indiqué mercredi que son administration allait prendre acte de la décision du tribunal et que la question allait être discutée entre élus. Même si la municipalité n'a jamais reçu de plainte de citoyens à cet égard, le sujet de modifier cette pratique avait été amené sur la table peu de temps après l'élection du conseil actuel qui est en poste depuis novembre 2013, souligne le premier magistrat.

«Nous avons abordé le sujet il y a un an et demi, mais une majorité d'élus désirait maintenir la prière. Ç'a toujours été dans la tradition et ça n'a jamais causé de problème avec les citoyens, mais c'est évident qu'avec la décision de la Cour suprême, on va devoir se poser certaines questions et peut-être revoir la politique», a indiqué M. Beauchamp, qui estime de son point de vue personnel que le politique devrait être séparé du religieux.

À Plaisance, la mairesse, Paulette Lalande, n'a pas voulu se mouiller sur ce qui adviendrait de la procédure entre les murs de la mairie du village. L'item sera apporté aux échevins qui se pencheront sur la suite des choses. Mme Lalande est toutefois en désaccord avec le jugement de la Cour suprême. Elle affirme que cette habitude n'a jamais fait l'objet de contestation auprès de sa population.

«Ça fait partie de nos façons de faire, de nos origines et de nos sources. J'ai un peu de difficulté avec ça, mais ce n'est pas moi qui vais prendre la décision. Nous allons en parler au conseil et on décidera ce qu'on fera, mais s'il n'en tenait qu'à moi, on la maintiendrait», a-t-elle déclaré au Droit.

Faits à noter: ailleurs dans la MRC Papineau, Ripon tient avant chaque séance une «pensée du mois». À Lac-Simon et Saint-Émile-de-Suffolk, ce sont plutôt des moments de réflexion qui précèdent les réunions devant le public.

Au niveau régional, depuis 2011, le conseil des maires de la MRC Papineau a changé la prière pour un moment de réflexion avant les séances, ce qui n'empêche pas la préfète Lalande d'achever à l'occasion ses discours par le mot «Amen».

Une citoyenne a d'ailleurs soulevé le point mercredi soir à la rencontre publique de la MRC, qui avait lieu à Papineauville.

L'intervention a suscité des vives réactions autour de la table, alors que certains premiers magistrats ont affirmé que le terme en question n'avait pas de connotation religieuse. Selon certains dictionnaires, «Amen» est pourtant considéré comme la formule utilisée pour conclure une prière chrétienne.

Du côté plus urbain, à la Ville de Gatineau, ni prière ni moment de recueillement ne sont tenus avant les assemblées publiques.

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