L'autobus ne s'arrêtera pas devant la maison de Mélyka Clément

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La politique en matière de transport de la Commission scolaire au Coeur-des-Vallées (CSCV) fait une fois de plus l'objet de critiques.

Une famille de Saint-Sixte rage contre l'organisation, alors que l'autobus qui embarque Mélyka Clément, une étudiante de deuxième secondaire qui fréquente l'école Hormisdas-Gamelin à Buckingham, refuse de cueillir l'adolescente devant chez elle, sur la route 317, sous prétexte que cela engendrerait des coûts supplémentaires puisqu'il s'agit d'un rallongement de parcours.

Comme l'élève réside une semaine sur deux chez son père, à Saint-Sixte, elle possède une deuxième adresse d'embarquement. Selon la politique de la commission scolaire en vigueur, le transport est offert à l'adresse principale de l'élève et il n'existe pas d'obligation pour la CSCV d'offrir le transport à une deuxième adresse. Celle-ci peut entreprendre une mesure d'accommodement si notamment le service n'engendre par de coûts supplémentaires pour la commission scolaire.

Dans ce cas-ci, Mélyka peut donc prendre l'autobus à 2,5 kilomètres de sa maison, au point d'embarquement établi par la CSCV sur le bord de la route 317. Comme ses parents travaillent tôt le matin, ils doivent la déposer vers 6h30 et elle doit patienter sur une route passante pendant près de 25 minutes. «À 6h30, il fait noir l'hiver. C'est dangereux comme endroit. C'est une grande route avec de la vitesse et l'arrêt est près d'une côte», peste la belle-mère de Mélyka, Vicky Joanisse.

Cette dernière dénonce surtout le fait que ce même autobus passe déjà devant chez elle à deux reprises puisqu'il doit aller faire demi-tour plus loin pour boucler son parcours en sens inverse. Les parents de la jeune fille ont déposé une plainte en début d'année dans le but d'obtenir un accommodement, mais sans succès. Ils ont ensuite fait appel au protecteur de l'élève, lequel a finalement recommandé que l'autobus ne s'arrête pas devant la résidence de Mélyka. Les commissaires de la CSCV ont entériné à six contre cinq, lundi soir, cette recommandation.

La belle-mère de l'adolescente, Vicky Joanisse, est dans une colère bleue. «Le protecteur de l'élève ne protège pas l'élève, il protège la commission scolaire. Il est où le gros bon sens là-dedans? L'autobus passe déjà devant chez-moi pour aller revirer peut-être 12 kilomètres plus loin dans Saint-Sixte. Je ne comprends pas, vraiment pas», déplore la dame qui était même prête à débourser une somme pour obtenir le service. Une possibilité qui n'a pas été étudiée par la CSCV puisque cette option ne figure pas dans les règles.

Une politique «claire»

De son côté, la CSCV rétorque que la politique est claire: à partir du moment où des frais sont engendrés par une demande d'accommodement, elle est refusée.

Dans le cas présent, un arrêt devant la maison du père de Mélyka serait considéré comme un allongement de parcours puisque le circuit du transporteur ne se rend pas «officiellement» jusqu'à son adresse.

«Nous avons une politique et nous avons la responsabilité de la faire appliquer. Quand arrive l'application, c'est normal qu'il y ait des réactions, mais la politique est là et elle est juste et équitable pour tout le monde. Si quelque chose ne fonctionne pas, il faut la réviser et il y a des processus de consultations qui existent. Mais on ne peut pas changer une politique comme ça pour un cas», explique le président de la CSCV, Jocelyn Fréchette.

Les parents de Mélyka entendent maintenant faire appel au député de Papineau, Alexandre Iracà.

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