Le vaste domaine d'une superficie de 48 acres est occupé par les religieux depuis 1933. La congrégation, dont le siège social est à Montréal, doit mettre sa propriété en vente prochainement, confirme le directeur administratif des Pères Sainte-Croix, Robert Bélanger. « Le processus de vente n'est pas encore amorcé, mais c'est certain que si nous avons une offre qu'on ne peut pas refuser, nous allons l'accepter », a-t-il précisé.
Un groupe de résidents et de membres de l'association des propriétaires du secteur tente actuellement de mobiliser tous les intervenants pour éviter que ce patrimoine ne disparaisse. Il est toutefois minuit moins une pour eux, puisqu'un projet de développement doit être présenté à l'hôtel de ville, samedi matin, à la population du secteur.
Valeur patrimoniale « supérieure »
Le terrain accueille une chapelle et une imposante résidence d'été de 58 chambres. D'allure rustique, les bâtiments ont été construits à même le bois qui était sur place. Un milieu humide à valeur écologique élevée s'y trouve aussi, tout comme un cimetière où reposent les premiers colons arrivés au lac Simon dans les années 1800.
L'Inventaire du patrimoine bâti de l'Outaouais précise que le domaine des Pères Sainte-Croix présente une valeur patrimoniale « supérieure ».
« Excellent état d'intégrité architecturale, excellent état de conservation, intérêt historique, intérêt architectural et une grande valeur symbolique et identitaire, soutient l'inventaire produit pour la MRC Papineau. La chapelle et la galerie en forme de proue de navire sont des éléments exceptionnels. »
Malgré ces caractérisations, le domaine des Pères Saint-Croix, de même que tout ce qui se trouve sur le terrain, ne bénéficie d'aucune protection patrimoniale de la municipalité de Lac-Simon, ni du ministère de la Culture du Québec. En ce sens, il serait légal pour tout éventuel acheteur de détruire ce qui s'y trouve. « Nous ne souhaitons pas nuire à la qualité de la propriété en la vendant, mais il n'a pas encore été décidé par le conseil provincial de la congrégation d'imposer ou non des restrictions à un éventuel acheteur, précise M. Bélanger. Notre communauté est en décroissance et ce domaine est de moins en moins utilisé. C'est pourquoi nous étudions les différentes possibilités de ce que nous pourrions faire avec cette propriété. »
Avec Jessy Laflamme
Toutes nos nouvelles sur ledroitsurmonordi.ca