Le tissu de la solidarité

C'est important d'honorer le travail des bénévoles souligne... (Martin Roy, archives Le Droit)

Agrandir

C'est important d'honorer le travail des bénévoles souligne Anne Boutin, superviseure de l'équipe d'intervention en sinistres individuels à la Croix-Rouge.

Martin Roy, archives Le Droit

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Un véritable élan de solidarité s'est emparé des citoyens de la région depuis le début des inondations. De L'Orignal à Maniwaki, la communauté a prouvé qu'elle était tissée serrée. Le Droit et Radio-Canada tiennent à souligner le travail des milliers de bénévoles qui ont tendu leur main aux sinistrés en leur décernant le titre de Personnalité de la semaine.

Cette vague d'entraide, Anne Boutin la trouve « extraordinaire ». Bénévole pour la Croix-Rouge, elle est témoin chaque jour des gestes de générosité qui sont posés par les Gatinois depuis le début de cette crue historique.

« C'est important d'honorer leur travail, souligne Mme Boutin, superviseure de l'équipe d'intervention en sinistres individuels à la Croix-Rouge. Le fait qu'on remette ça aux bénévoles, je trouve ça magnifique, parce qu'on le remet à Noémie, qui a fait des muffins. On le remet à Charles, qui a prêté sa chaloupe. Aux jeunes adolescents qui ont rempli des sacs de sable, illustre-t-elle. »

Cette solidarité l'émeut. Les bénévoles contribuent à rallumer une petite étincelle dans le regard des sinistrés.

« L'aide gouvernementale, elle est essentielle, mais ce n'est pas ça qui donne un sourire ou une tape dans le dos. Il y a seulement les humains qui peuvent faire ça », exprime-t-elle.

Et la tristesse des citoyens est difficile à voir.

« Les gens ont l'impression d'avoir perdu la bataille. Mais il ne faut pas qu'ils voient ça comme ça », raconte Mme Boutin, trémolo dans la voix.

« Ce qu'ils ont perdu, c'est du matériel. C'est facile à dire quand ce ne sont pas tes souvenirs qui flottent dans cinq pieds d'eau. Mais il n'y a pas eu de perte de vie. Et c'est à ça qu'il faut s'accrocher », poursuit-elle, très émotive.

Donner au suivant

Même si elle est consciente que ce mouvement de bénévolat s'atténuera peu à peu, Mme Boutin est « persuadée » que certains citoyens continueront de donner au suivant.

« Il ne faut pas que ça cesse. Il y a toujours une personne pour qui c'est la fin du monde, mentionne-t-elle. Les gens ont encore besoin des mains et du coeur de leurs voisins. »

Et c'est d'autant plus vrai maintenant, alors qu'un grand ménage s'impose pour restaurer les zones inondées. Les niveaux d'eau baissent peut-être, mais le dévouement des bénévoles, lui, ne doit pas diminuer. « Les sinistrés en ont encore besoin », affirme Mme Boutin. 

Le retour à normale ne se fera pas du jour au lendemain ; c'est un long processus. Mais c'est la patience et la solidarité qui feront la différence.

« Il va y avoir encore beaucoup d'autres actes de bénévolat au cours des prochaines semaines », prédit-elle.

Malgré tout, Mme Boutin arrive à percevoir un brin de lumière dans cette grisaille qui plane sur la région depuis quelques semaines. Les résidents se sont beaucoup rapprochés. Et cette complicité, elle est belle. On ne doit pas la briser.

« Maintenant, les voisins se connaissent. Ce n'est plus un numéro civique qui habite à côté de chez toi, c'est Monsieur un tel, Madame une telle », affirme-t-elle.

Tout s'est déroulé dans le respect, sans juger les autres.

« Ça a créé une espèce d'uniformité. On n'était plus fonctionnaire, retraité, travailleur, riche, pauvre, ou quoi que ce soit, poursuit-elle. Pendant une semaine, tout le monde a porté la même étiquette. »

La bonté des bénévoles est « impressionnante », mais on ne doit pas baisser les bras tout de suite. Les sinistrés sont encore fragiles, et le tissu de bénévoles doit demeurer tissé serré.

« Le mot 'bénévolat', ça vient de 'bien' et de 'vouloir'. C'est vouloir le bien des autres, tout simplement, dit-elle, en souriant. Tout le monde peut faire quelque chose pour les autres, à n'importe quel âge. »

« Un petit geste peut faire la différence, poursuit Mme Boutin. Un fil à la fois, on crée un tissu de solidarité. »




publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer