La coopération et l'agriculture dans le sang

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Le titre de Personnalité de la Semaine Radio-Canada/Le Droit revient à Denis et Hélène Bourdeau.

Martin Brunette, Le Droit

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Le monde des coopératives a peu de secrets pour le couple d'agriculteurs d'Embrun Denis et Hélène Bourdeau. Leur dévouement pour la coopération dans le secteur agricole leur a récemment valu le Prix d'excellence en agriculture Pierre-Bercier et leur vaut aujourd'hui le titre de Personnalité de la Semaine Radio-Canada/Le Droit.

Rencontré à sa résidence familiale du rang Ste-Marie, à Embrun, Denis Bourdeau a certainement plusieurs chapitres à raconter sur les coopératives. Lui et son épouse ont d'ailleurs été impliqués dans un grand nombre d'associations et de coopératives durant plusieurs décennies.

En 1978, alors qu'il y a déjà travaillé pendant 14 ans, Denis acquiert la ferme de son père, avec l'appui de son épouse Hélène Bourdeau. Il exploitera la ferme laitière représentant la cinquième génération.

Tout comme son père Honoré, président fondateur de la Caisse populaire d'Embrun et de la Coopérative agricole d'Embrun, l'esprit de coopération coule dans les veines de Denis. Et malgré la lourde tâche de la ferme et d'une famille de trois enfants, le couple accordera le temps qu'il faut aux coopératives locales.

« C'est un devoir social et moi j'ai eu la chance de baigner dedans, affirme Denis Bourdeau. Toutes ces organisations, que ce soit l'UCFO, la Caisse populaire, la Fromagerie Saint-Albert, ce sont de sacrés beaux joyaux et il faut les protéger ». 

Depuis près d'une trentaine d'années, il oeuvre auprès de la Coopérative agricole d'Embrun, organisme dont il a d'ailleurs été président à plus d'une reprise. Il a également été membre de la coopérative de la Fromagerie St-Albert pendant 28 ans.

En 2004, après avoir transféré la ferme laitière à son fils Thierry, Denis et son épouse se concentrent sur la production de grandes cultures ainsi qu'à l'exploitation d'un gîte touristique, La Clé des Champs. « Le fait d'avoir laissé la ferme laitière m'a donné du temps. Les fermes de grande culture, c'est moins exigeant en fait de temps. Je peux donc me tenir occupé avec les coopératives parce que c'est très intéressant, c'est plaisant et c'est essentiel », souligne Denis Bourdeau.

En 2007, il tente sa chance pour obtenir un des deux sièges ontariens au conseil d'administration de Growmark, une coopérative agricole américaine regroupant pas moins de 400 coopératives. Il sera le premier franco-ontarien élu pour représenter le Canada au sein du conseil d'administration de Growmark.

Par la suite, il sera appelé à siéger sur le conseil d'administration de la compagnie d'assurance générale Co-operators.

« De Growmark à Co-Operators, je suis parti d'un chiffre d'affaires de 10 à 41 milliards $ et de 3500 à 5500 employés. C'était vraiment un autre niveau. Disons que j'étais content d'avoir eu ma formation locale avec la Caisse populaire et la Coopérative agricole d'Embrun. Il faut que tu vives ça avant d'aller dans les grosses organisations nationales ».

David contre Goliath

Dans le cadre de son implication au sein des coopératives, Denis Bourdeau se souviendra certes d'une victoire importante en 2006 contre un géant, l'entreprise Walmart. À ce moment, la CO-OP d'Embrun s'apprêtait à construire une nouvelle épicerie d'une surface de 50 000 pieds carrés, un investissement de 11 millions $.

« On coulait le ciment lorsqu'on a appris qu'un grand développement commercial incluant Walmart s'en venait chez nous. Ce n'était pas correct de faire ça parce qu'on se retrouverait dès lors avec une dette de 11 millions $ ».

Une année plus tôt, la province avait cependant adopté une loi sur la zone de croissance. Celle-ci précise entre autres que dans un secteur rural, si 90 % des besoins de la communauté sont rencontrés par les commerces existants, on peut interdire la venue de magasin à grande surface.

« On les a confrontés (Walmart) et nous avons gagné cette bataille contre un géant. Il faut toujours continuer de se battre pour protéger nos coopératives. Il y en a trop de nos jours qui passent à des intérêts privés au malheur des communautés », a fait valoir M. Bourdeau.




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