Gagner, ça ne change presque rien

Benoît Ladouceur avait tenté sa chance deux fois... (Martin Roy, Archives Le Droit)

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Benoît Ladouceur avait tenté sa chance deux fois avant de s'imposer en 2016.

Martin Roy, Archives Le Droit

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Le kickboxeur gatinois Benoît Ladouceur a mis la main sur la ceinture mondiale des mi-lourds, le 13 novembre dernier. Pour cette victoire face au Suisse Sébastien Bozonet, celui qui gère deux centres d'entraînement d'arts martiaux mixtes dans la région a été désigné Personnalité de la semaine Le Droit/Radio-Canada.

Devenir champion du monde de kickboxing, ça ne change pas le monde. Vraiment. Ça ne change presque rien.

Le dimanche 13 novembre, Benoît Ladouceur a remporté la ceinture mondiale des mi-lourds, chez lui, au Palais des congrès de Gatineau. Vingt-quatre heures plus tard, il était de retour au boulot. L'homme de 38 ans gère deux centres d'entraînement d'arts martiaux dans la région. Il y avait de la paperasse à compléter, de jeunes élèves à entraîner.

Sa conquête lui a quand même valu quelques récompenses, comme le titre de personnalité de la semaine, que Le Droit et Radio-Canada lui décernent aujourd'hui.

« Je n'aurais jamais cru qu'autant de gens auraient été fiers de moi. J'ai vraiment reçu plusieurs messages de gens voulant me féliciter. Beaucoup d'enfants sont inscrits à nos écoles. Ils veulent souvent se faire photographier avec la ceinture. Je te dirais que c'est ça qui me fait particulièrement plaisir », a-t-il avoué, lorsque nous l'avons rencontré à son bureau du boulevard Saint-Joseph, dans le secteur Hull.

M. Ladouceur est un jeune père de famille. Il élève une « grande » fille de 12 ans et un « petit » garçon d'à peine sept mois. Il serait surtout bien fier de pouvoir inspirer les centaines de gamins âgés de quatre à 12 ans qui fréquentent ses établissements, afin d'y suivre des cours de jiu-jitsu.

« Évidemment, le championnat mondial que je viens de remporter procure une certaine notoriété à l'école. Mais, au-delà de tout cela, j'ai toujours demandé à mes professeurs de montrer l'exemple. »

« C'est vraiment important pour moi. Si je peux repousser mes propres limites pour atteindre de nouveaux objectifs, j'aurai plus de crédibilité quand je demanderai à mes élèves de le faire. »

« Ceux qui auront envie de tout lâcher parce que ça devient trop dur, je pourrai avoir une conversation avec eux. Je pourrai leur confirmer que, dans le sport, il y a des moments difficiles. Je pourrai aussi leur dire que les tâches les plus difficiles à compléter sont souvent celles qui valent le plus la peine d'être complétées. »

Troisième opportunité

M. Ladouceur vit de sa passion depuis maintenant 18 ans. Il n'en était pas à sa première tentative de conquérir un titre mondial.

Il avait tenté sa chance pour la première fois en 2014. Au terme d'un affrontement de sept rounds contre un Français, Frederic Kowatz, il s'était incliné par décision unanime des juges.

Kowatz était prêt à lui consentir une revanche. Il avait été obligé d'y renoncer. Un virus s'était chargé de le mettre K.-O. à quelques jours de l'affrontement.

La troisième fois fut la bonne. Cette fois, dans son combat de championnat contre le Suisse Sébastien Bozonet, les juges lui ont unanimement accordé la victoire.

Le Gatinois ne porte pas de traces trop lourdes de cet affrontement. Il confirme. « La santé est bonne. »

Il se permet même de rêver de livrer un autre combat. Quand la période la plus achalandée de l'année sera terminée, au travail, il pourrait se remettre à l'entraînement de façon plus sérieuse. Il pourrait ensuite mettre son titre en jeu au printemps.

Si sa carrière d'athlète prend fin, par la suite, il sera satisfait. Il lui restera toujours le plaisir d'entraîner la prochaine génération de combattants.

« L'Outaouais, comme le Québec en général, a toujours produit de bons combattants. La discipline importe peu. Nos athlètes sont généralement très, très bons. »

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