La plus connue des artistes inconnues

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Décrite comme « une pionnière du mouvement postdramatique international au Canada », Nadia Ross est peu connue dans sa région natale.

Courtoisie

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Lauréate d'un des plus prestigieux prix culturels accordés au pays, Nadia Ross a remporté de nombreuses récompenses au fil des ans. LeDroit et Radio-Canada veulent à leur tour souligner son grand talent en la nommant Personnalité de la semaine.

Qui connaît la metteure en scène Nadia Ross, lauréate du prix Siminovitch, la plus grande récompense nationale en théâtre ? Au Canada francophone, avouons-le, pas grand monde. Mea culpa, LeDroit n'a jamais parlé d'elle. Depuis 15 ans, les articles publiés à son sujet dans les autres principaux quotidiens francophones québécois se comptent sur les doigts d'une main. Énième constat de deux solitudes culturelles ?

Pourtant, Nadia Ross parle couramment français, sa mère est originaire de Rivière-du-Loup. La metteure en scène officie dans sa région natale, à Wakefield plus précisément, où elle a établi sa compagnie STO Union en 2005. Plus connue à l'étranger que dans sa propre région, Nadia Ross reçoit désormais le prix de la personnalité de la semaine LeDroit/Radio Canada, une porte dérobée pour la présenter à nos lecteurs. Consolons-nous, rien n'est plus exaltant que de découvrir un talent caché qui ne ressemble à aucun autre.

« Il nous est apparu que l'intégrité de sa démarche, la profondeur de son approche du théâtre, et son esprit indomptable reflétaient le mieux les aspirations du prix Siminovitch, » a souligné le président du jury Bob White, lors de la remise des prix, au CNA, le 28 octobre dernier.

Dans son travail, Nadia Ross explore et repousse constamment les limites de la représentation ; on l'a dépeinte comme « une pionnière du mouvement postdramatique international au Canada ». Elle a remporté un prix Chalmers, un Dora Mavor Moore (en tant que membre d'un collectif) et un prix Contra Guys.

Elle est, par excellence, « la plus connue des artistes inconnues, » s'amuse-t-elle à résumer. Surtout dans l'espace francophone, où ses percées se font rares... quelques apparitions très remarquées au FTA lui ont permis d'attirer l'intérêt des diffuseurs et de rayonner dans le monde entier dans les années 2000. Mais à Gatineau ? « Toujours rien », et ce n'est pas faute d'avoir essayé, jure-t-elle.

« Même si on vit tous dans la même région, les connexions ne sont pas faites entre les deux réalités ; je veux vraiment essayer de traverser ce mur, assure-t-elle. Comme je vis à la frontière, les Canadiens anglais se disent que je suis québécoise et les Québécois, que je suis anglaise, alors personne ne veut m'avoir ! » 

Elle s'accommode toutefois de cette marginalité de fait : « J'existe en dehors de tout et personnellement, j'aime ça, je peux voir plus clairement. » 

La conquête francophone dans la région de la capitale nationale pourrait commencer bientôt. Depuis janvier 2016, Nadia Ross prépare un projet communautaire avec les résidents de la municipalité de La Pêche. En un mois, une cinquantaine de participants ont répondu présent pour fabriquer une marionnette illustrant leur alter ego. La metteure en scène multidisciplinaire réalisera une vidéo de ce projet, présenté comme la colonne vertébrale d'une performance scénique où les acteurs reproduisent en direct la voix des personnages. Deux versions seront proposées, l'une en anglais, l'autre en français. 

La vidéo intitulée La parade du crépuscule a été conçue dans l'objectif d'être projetée dans d'autres communautés qui concocteraient alors leur propre doublage des voix. 

« À travers ce genre de diffusion, notre but est de créer une meilleure compréhension et connexion de ce que signifie vivre à plusieurs dans une petite communauté, » écrit Nadia Ross en note d'intention. 

Cette vidéo représente aussi un baptême pour la metteure en scène dans son projet uniquement conçu, et c'est une première, à Wakefield. « Normalement, quand je travaille, je commence ici en studio avec des gens de la région pour m'aider, mais arrivée à un certain point, je dois continuer la création ailleurs car il n'y a pas de soutien ici. » 

Prévue pour l'été 2017, La parade du crépuscule sera projetée à la Place des Artistes de Farrellton, au Blacksheep et au Café de Wakefield. Nadia Ross souhaite lancer un appel aux lieux de diffusion, à Gatineau, intéressés par l'initiative. La parade du crépuscule lui permettra-t-elle enfin de sortir de l'ombre dans l'espace francophone de sa région natale ?

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